Maltraitance animale en Belgique : comment la reconnaître, la signaler et agir?

Article mis à jour en mars 2026

Important : cet article a pour objectif de sensibiliser et de guider les propriétaires et citoyens. Il ne remplace pas les textes de loi ni l’avis des autorités compétentes.

Maltraitance animale : de quoi parle-t-on ?

En Belgique, le principe de base est simple : nul ne peut, sans nécessité, faire périr un animal ou lui causer des lésions, des douleurs ou des souffrances — c’est l’esprit de la loi du 14 août 1986 relative à la protection et au bien‑être des animaux.

La maltraitance ne se limite donc pas aux coups ou à la violence visible. Elle englobe toute situation où un animal souffre durablement parce que ses besoins fondamentaux ne sont pas respectés : nourriture, eau, abri, soins, liberté de se mouvoir, interaction sociale, absence de peur et de douleur inutiles.

Dans ma pratique de vétérinaire, je constate malheureusement que ces situations restent fréquentes, parfois par ignorance, parfois par négligence, parfois par cruauté assumée.

Les principales formes de maltraitance animale

Sans se substituer à la définition juridique exacte, on peut distinguer plusieurs grandes catégories, qui se recoupent souvent :

Violences directes

  • Coups, blessures volontaires, séquestration dans des conditions de souffrance.
  • Utilisation d’objets (bâtons, colliers coercitifs mal utilisés, projectiles, etc.) pour infliger de la douleur.

Négligence grave

  • Manque chronique d’eau ou de nourriture.
  • Absence d’abri adapté aux conditions climatiques.
  • Manque total ou prolongé de soins vétérinaires malgré une maladie ou une blessure visible.
  • Conditions d’hygiène catastrophiques (cage saturée d’excréments, parasites non traités, etc.).

Abandon

  • Animal laissé volontairement dans la rue, en forêt, sur une aire d’autoroute.
  • Animal laissé seul de façon prolongée dans un logement, sans visite ni soins.

Exploitation abusive

  • Reproduction intensive sans considération pour la santé des animaux.
  • Animaux utilisés comme outils (garde, chasse, traction) sans respect de leurs besoins et de leurs limites.

Toutes ces formes peuvent tomber, selon les circonstances, sous le coup de la loi sur le bien‑être animal.

 Comment reconnaître un animal potentiellement maltraité ?

Chaque cas est unique, mais certains signes doivent alerter. Leur présence isolée ne prouve pas forcément la maltraitance ; en revanche, un faisceau d’indices doit inciter à se renseigner ou à signaler.

Signes physiques possibles

  • Amaigrissement marqué, côtes très visibles.
  • Poil terne, sale, feutré, présence importante de parasites (puces, tiques).
  • Plaies non soignées, infections cutanées, boiteries persistantes.
  • Collier qui s’enfonce dans la peau, marques de chaîne.
  • Animaux vivant en permanence dans leurs excréments, sans zone propre.

Signes comportementaux possibles

  • Peur extrême du contact humain, animal qui sursaute ou se recroqueville au moindre geste.
  • Agressivité défensive intense, surtout si elle n’était pas présente auparavant.
  • Apathie, absence de réaction à l’environnement, regard “vide”.
  • Comportements répétitifs (tourner en rond, se lécher jusqu’au sang, aboiements constants).

Seul un examen complet permet de conclure. Mais si vous observez plusieurs de ces signes, surtout sur la durée, il est important de ne pas fermer les yeux.

Pourquoi la maltraitance animale reste‑t‑elle un problème ?

Plusieurs facteurs se conjuguent probablement :

  • Difficultés financières : certains propriétaires se retrouvent dans l’incapacité de nourrir ou soigner correctement leurs animaux et tardent à demander de l’aide.
  • Acquisitions impulsives : adoption ou achat sans réflexion sur la durée de vie de l’animal, les coûts et contraintes associés.
  • Manque de sensibilisation : méconnaissance des besoins réels des animaux (espaces, stimulation, soins).
  • Isolement social et mal‑être humain : dans quelques cas, la violence envers l’animal s’inscrit dans un contexte plus large de violences intrafamiliales.

Ces éléments sont des pistes explicatives, pas des excuses. Aucun d’eux ne justifie, sur le plan éthique comme légal, de laisser un animal souffrir.

Le “lien” entre maltraitance animale et violences au foyer

De nombreuses études montrent que la maltraitance envers les animaux est fréquemment associée à d’autres violences dans le foyer, en particulier les violences conjugales et la maltraitance des enfants.

Dans plusieurs recherches, les auteurs constatent que :

  • Des animaux de compagnie sont blessés ou menacés pour contrôler un partenaire ou des enfants.
  • La cruauté envers les animaux est souvent un signal d’alerte d’un contexte plus large de violence domestique (ce lien est désormais bien documenté).

Pour les professionnels (vétérinaires, policiers, associations), cela signifie que voir un animal maltraité doit parfois faire suspecter une situation de danger pour les humains du foyer, et encourager une orientation prudente vers les services spécialisés..

Comment signaler une maltraitance animale en Belgique ?

Les démarches exactes varient selon la région. Voici les grands principes à connaître.

En cas d’urgence

Si la situation met immédiatement la vie de l’animal en danger (violence en cours, animal agonisant, etc.) :

  • contactez en priorité la police (numéro d’urgence 101 ou 112 selon la situation) ;
  • donnez une adresse la plus précise possible et décrivez les faits.

En Wallonie

  • Le Service public de Wallonie met à disposition le numéro 1718 (option 2) pour porter plainte ou dénoncer un cas de négligence ou de maltraitance d’un animal.
  • Vous pouvez aussi passer par votre commune ou par l’Unité du Bien‑Être Animal (SPW), chargée de rechercher et constater les infractions en matière de bien‑être animal.

Les sites officiels recommandent de ne déposer plainte qu’auprès d’un seul service pour éviter les doublons, et de fournir un maximum d’informations (adresse exacte, type et nombre d’animaux, description des faits, photos si possible).

À Bruxelles

  • Bruxelles Environnement dispose d’un Département Bien‑être animal chargé de traiter les plaintes pour négligence ou maltraitance (formulaire et coordonnées disponibles sur le site officiel).
  • En cas d’urgence, la police locale reste votre premier interlocuteur.

En Flandre

  • Il existe un formulaire de dénonciation en ligne pour signaler des animaux négligés ou maltraités ; les autorités demandent généralement :
    • où se trouvent les animaux,
    • qui semble en être responsable,
    • de quelle espèce il s’agit,
    • ce que vous avez constaté,
    • vos coordonnées complètes.

Certaines administrations communales précisent qu’elles ne donnent pas suite aux dénonciations complètement anonymes, mais traitent les plaintes avec la discrétion nécessaire.

Que dit la loi belge sur la maltraitance animale ?

La loi du 14 août 1986 relative à la protection et au bien‑être des animaux constitue la base du cadre légal, modifiée ensuite par plusieurs textes régionaux. Elle interdit notamment de faire périr un animal sans nécessité, ou de lui causer, sans nécessité, des lésions, mutilations, douleurs ou souffrances.

Les sanctions exactes dépendent aujourd’hui des régions et de la gravité des faits. À titre d’exemple, en Wallonie, certaines infractions de deuxième catégorie (faits intentionnels de maltraitance) peuvent être punies de :

  • peines d’emprisonnement allant de quelques jours à trois ans ;
  • amendes pouvant aller de 100 à 1 000 000 d’euros ;
  • et/ou amendes administratives si le parquet ne poursuit pas pénalement.

Le tribunal peut, en plus, interdire temporairement ou définitivement à une personne condamnée de détenir des animaux.

Les refuges et associations n’ont pas le pouvoir de verbaliser ou de saisir par eux‑mêmes : ils interviennent sur demande des autorités compétentes (police, unités Bien‑être animal, communes).

Quelques chiffres de maltraitance animale en Belgique

Pour mieux situer l’ampleur du phénomène, voici quelques chiffres récents issus des services officiels de chaque région.

RégionAnnéePlaintes / signalementsContrôles / inspectionsInterventions de saisieAnimaux saisisSource principale
Wallonie20241 576 plaintes via 17181 576 contrôles (655 urgents, 921 non urgents)153 interventions de saisie1 774 animaux saisisParlement de Wallonie, question écrite 16/06/2025 (activité 2024 Unité Bien‑être animal)
Bruxelles-Capitale202392 plaintes42 saisies (contrôles dédiés)42 interventions de saisie133 animaux saisisBruxelles Environnement / Cabinet Clerfayt – “133 animaux maltraités saisis en 2023”
Flandre2024~7 500 signalements6 375 inspectionsn.c. (plus de 5 500 animaux placés en garde)> 5 500 animaux saisis ou placésService flamand Dierenwelzijn (Ben Weyts) – communiqués chiffres 2024

Wallonie : chiffres tirés de la question écrite du 16 juin 2025 sur l’activité 2024 de l’Unité Bien‑être animal (dossiers, plaintes 1718, contrôles, saisies, animaux).

Bruxelles : chiffres issus du communiqué “133 animaux maltraités saisis en 2023” (92 plaintes, 42 saisies, 133 animaux saisis).

Flandre : chiffres repris des communiqués 2024 du service Dierenwelzijn (≈7 500 signalements, 6 375 inspections, >5 500 animaux saisis / placés).

“Ces chiffres montrent que les services de bien‑être animal des trois régions reçoivent plusieurs milliers de signalements par an et saisissent chaque année des centaines à plusieurs milliers d’animaux, toutes espèces confondues.”

    Que devient un animal saisi pour maltraitance ?

    En cas de saisie pour maltraitance ou négligence grave, les animaux sont généralement pris en charge :

    • par des refuges agréés ou des structures d’accueil partenaires de la commune ou de la région ;
    • parfois par des familles d’accueil, via des associations de protection animale reconnues.

    Les autorités (police, services régionaux du bien‑être animal) restent responsables de la décision de saisie et du suivi du dossier.

    Comment agir en citoyen responsable ?

    Chacun peut contribuer à limiter la maltraitance animale, à plusieurs niveaux :

    • Avant d’adopter : réfléchir au temps, à l’espace et au budget nécessaires sur toute la durée de vie de l’animal.
    • En tant que propriétaire : demander de l’aide (associations, vétérinaires, communes) en cas de difficultés financières ou de santé plutôt que de laisser la situation se dégrader.
    • En tant que témoin : se renseigner d’abord, puis signaler de bonne foi et par les canaux officiels s’il existe un doute sérieux de maltraitance.
    • En tant que citoyen : soutenir les refuges et associations de protection (dons, bénévolat, familles d’accueil).

    La maltraitance animale n’est pas un phénomène abstrait : c’est une réalité quotidienne que les vétérinaires, les refuges et les autorités belges rencontrent encore trop souvent. La bonne nouvelle, c’est que la loi s’est renforcée, que des services dédiés existent et que chaque citoyen dispose aujourd’hui de canaux clairs pour agir.

    En tant que propriétaire, votre rôle est de prévenir — en respectant les besoins fondamentaux de vos animaux — et de demander de l’aide dès que nécessaire. En tant que témoin, votre rôle est d’oser signaler, de façon responsable, les situations qui vous semblent inacceptables. C’est ainsi, pas à pas, que l’on réduit concrètement la souffrance animale.

    Cas clinique – Quand un appel change tout

    Pour illustrer concrètement comment se passent ces situations sur le terrain, voici un exemple de cas que j’ai rencontré en tant que vétérinaire (détails anonymisés).”

    « Il y a quelques années, j’ai été appelé par la police locale pour examiner un chien saisi en urgence. Le signalement venait d’un voisin inquiet : “On ne le voit jamais sortir, il hurle la nuit.”

    Quand j’ai vu l’animal pour la première fois, il était extrêmement amaigri, déshydraté, couvert de parasites. Le box dans lequel il vivait était rempli d’excréments, sans eau propre à disposition. Sur le plan clinique, il n’y avait pas de doute : nous n’étions plus dans de la simple négligence ponctuelle, mais dans une maltraitance grave et prolongée.

    Après mon rapport écrit, les autorités ont confirmé la saisie. Le chien a été confié à un refuge partenaire, où il a pu être réalimenté progressivement, soigné et socialisé. Quelques mois plus tard, il a été adopté par une famille préparée, suivie par le refuge.

    Ce genre de situation rappelle une chose essentielle : sans le premier réflexe du voisin qui a osé signaler ses doutes, cet animal serait probablement mort dans l’indifférence. Le rôle des témoins, des services de police et des unités Bien‑être animal, mais aussi du vétérinaire qui documente l’état clinique, est complémentaire. Chacun a une pièce du puzzle, et c’est ensemble que l’on parvient à sortir un animal de la souffrance. »

    FAQ sur la maltraitance animale

    Puis‑je signaler de manière anonyme ?

    Cela dépend des autorités. Certaines administrations indiquent clairement qu’elles ne donnent pas suite aux dénonciations totalement anonymes, mais garantissent la confidentialité des données personnelles fournies. L’anonymat complet limite souvent les possibilités d’enquête.

    Que faire si j’ai peur de me tromper ?

    Vous pouvez décrire la situation de manière factuelle (ce que vous voyez, entendez, constatez) sans accuser la personne. Les services Bien‑être animal sont là pour apprécier la gravité des faits. Un signalement de bonne foi n’est pas une condamnation ; c’est une demande de vérification.

    Dois‑je intervenir moi‑même ?

    En dehors des cas de détresse vitale immédiate où la police doit être prévenue, évitez de vous mettre en danger ou de créer un conflit direct. Privilégiez toujours les canaux officiels de signalement (police, services régionaux, commune).

    Le manque d’argent justifie‑t‑il légalement la négligence ?

    Non. Les difficultés financières expliquent certaines situations, mais ne les excusent pas devant la loi. En cas d’impossibilité durable de s’occuper correctement de son animal, il est de la responsabilité du propriétaire de chercher des solutions (aides, associations, abandon responsable en refuge).

    Un vétérinaire peut‑il signaler un cas de maltraitance ?

    Oui. Les vétérinaires sont souvent en première ligne pour constater des situations de souffrance animale. Ils peuvent, avec l’accord du propriétaire ou en cas de gravité manifeste, alerter les autorités compétentes.

    Dr Patrick

    Dr Patrick

    À propos de l'auteur

    Dr Patrick Deltour , Docteur vétérinaire diplômé de l'École Nationale Vétérinaire de Liège ,fort de 35 ans d'expérience en clientèle mixte et canine. Aujourd'hui consultant et auteur de guides vétérinaires pratiques, il met son expertise au service des propriétaires d'animaux pour démystifier les pathologies courantes et émergentes. .Les articles sont rédigés sur la base de la pratique clinique de l'auteur et des données scientifiques disponibles jusqu'à ce jour . Il ne remplace pas une consultation vétérinaire.

    8 commentaires

    1. Je ne sais pas si les gens maltraitent plus les animaux ou bien si c’est qu’il y a plus de plaintes et de surveillance.
      Mais pour moi pas encore assez car il y a tant de cinglés que ça devient vraiment inquiétant!
      Et ce sont ces pauvres animaux qui trinquent!

    2. moi je pense que chaque personne possede un maletre en lui plus ou moin gros dans sa vie et que de ce faite il l exprime de facon differente selon chaqu un, mais je crois que l homme tel qu il es possede tous de meme du bon et de l humanitee,
      alors que toutes les batailles du passer, les atrociter sur les juifs, les pays noirs…..on etaient trop vite oublier, la machanceter et devenu bien trop banal!!
      mais moi qui n est plus de travail es un appart est des facture je possede 2 chats recuperer un maltraite et l autre abandonner dans la rue alors qu il n etai meme pas sevrer et un petit chien je met un point d honneur a leur donner tous ce dont il on besoin quitte a me priver!!!!alors faut arreter de dire par ce que les gens n on pas d argent il maltraite c est pauvre bete!!il y a bien des SDF qui possede des chiens est ils son tres bien!!!!!NON la vrai raison c que la brutaliter ces banaliser et que les gens ce defoule trop facilement!!!!je regrette que les homme possede autant de cruauter en lui alors que c pauvre betes ne veulent qu un peu de nouriture et d eau contre temps d amour et de gentillesse en contre partie!!!

    3. Je vous remercie toutes les trois (Marie, Mireille,Ludvine ) pour vos commentaires qui sont pour le moins assez dur sur notre monde actuel mais peut être juste ?
      J’ai fait exprès de soulever cette réflexion sur la maltraitance des animaux , car dans notre pratique , les vétérinaires constatent de plus en plus de cas de souffrance animale lié à la cruauté des hommes .

      Je vous avouerai que je m’interroge aussi sur la tournure que prend notre société .Il suffit de regarder autour de soi,voir chez soi , pour constater la lente dégradation des valeurs de base . Le respect d’autrui l ‘humilité , la solidarité , le partage …Voila des mots qui perdent de plus en plus leur signification .

    4. je pense pour ma part que c’est dû à la dégradation de notre société, on prend et on jette quand on n’en a plus besoin, les gens n’ont plus le respect des animaux, j’ai suivi sur facebook toute l’affaire du chien patrick au états unis, jeté dans une poubelle alors qu’il était encore vivant, c’est monstrueux et je suis certaine que sa propriétaire ne sera pas tellement condamnée, certaines personnes sont des monstres, les associations de protection sont remplies de chats et de chiens abandonnés et maltraités, je me pose à chaque fois la même question “mais pourquoi les acheter alors?”

    5. LE MANQUE D ARGENT N ESCUSE EN RIEN LA MALTRAITANCE IL Y A BEAUCOUP DE SOLUTIONS VOIR 30 MILLIONS MOI AUSSI J AI MANQUE D ARGENT ET JE NE ME SUIS PAS DEFOULEE SUR MES ANIMAUX FAITE LE TOUR DES MARCHES POUR RECUPPERE CE QUI JETTENT MAGASINS AUSSI ECT

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