Deux races de chiens sont interdites d’élevage en Norvège et on va essayer de comprendre les enjeux et l’avenir de ces races de chien interdites. La Norvège a du prendre cette décision historique en février 2022 ,à savoir l’interdiction de l’élevage de deux races: le Bouledogue Anglais et le Cavalier King Charles Spaniel. Cette mesure, loin d’être un caprice, est le fruit d’une profonde réflexion éthique et scientifique visant à protéger le bien-être animal.
Points Clés à retenir
Décision Historique : en 2022, la Norvège a interdit l’élevage du Bouledogue Anglais et du Cavalier King Charles Spaniel, invoquant la loi sur le bien-être animal.
Problèmes de Santé Majeurs : ces races sont confrontées à des problèmes de santé héréditaires graves, tels que le syndrome brachycéphale pour le Bouledogue Anglais et la syringomyélie pour le Cavalier King Charles Spaniel.
Protection Animale : l’objectif principal de cette interdiction est de mettre fin à des pratiques d’élevage qui perpétuent la souffrance animale, même si les propriétaires individuels peuvent toujours posséder ces chiens
Débat Éthique et Juridique : cette décision a suscité un débat mondial sur la responsabilité des éleveurs, le rôle des standards de race et la définition du bien-être animal.
Avenir de l’Élevage : elle invite à repenser les pratiques d’élevage, en privilégiant la santé et la qualité de vie des animaux sur les caractéristiques esthétiques extrêmes.
Les raisons profondes derrière l’interdiction des races de chien interdite en Norvège : santé et souffrance

La décision de la Norvège d’interdire l’élevage de certaines races de chien interdite n’est pas tombée du ciel. Elle est le point culminant de décennies de préoccupations concernant la santé et le bien-être de ces animaux. Pour comprendre pleinement cette mesure, il faut plonger dans les problèmes de santé spécifiques qui affligent le Bouledogue Anglais et le Cavalier King Charles Spaniel.
Le calvaire du bouledogue anglais : une beauté à quel prix ?
Le Bouledogue Anglais, avec son allure distinctive, son corps trapu et son visage plissé, est une race appréciée pour son tempérament doux et affectueux. Cependant, derrière cette façade charmante se cache une triste réalité : cette race est prédisposée à une multitude de problèmes de santé graves, directement liés à sa morphologie sélectionnée par l’homme.
Les principales pathologies du bouledogue anglais :
Syndrome Obstructif des Voies Respiratoires Brachycéphales (BOAS)
C’est le problème le plus emblématique des Bouledogues. Leur face aplatie, leurs narines sténosées (trop étroites), leur palais mou allongé et leur trachée sous-développée rendent la respiration extrêmement difficile . Imaginez devoir courir un marathon en respirant à travers une paille ! Pour un Bouledogue, même une simple promenade peut devenir une épreuve. Les symptômes incluent :
- Respiration bruyante et sifflante
- Ronflements sévères
- Essoufflement et intolérance à l’exercice
- Coup de chaleur fréquent et potentiellement mortel
- Évanouissements
- Vomissements et régurgitations
- De nombreux Bouledogues nécessitent des chirurgies coûteuses pour améliorer leur respiration, mais même cela ne garantit pas une vie sans souffrance. C’est une condition chronique qui impacte chaque aspect de leur existence.
Problèmes Dermatologiques :
Les nombreux plis de leur peau, bien que caractéristiques, sont un nid idéal pour les infections bactériennes et fongiques. Les propriétaires doivent nettoyer et sécher quotidiennement ces plis pour prévenir les dermatites, ce qui représente un engagement de temps et d’argent considérable.
Problèmes Articulaires et Orthopédiques
Leur corps lourd et trapu, associé à des pattes courtes et souvent arquées, les rend vulnérables à :
- Dysplasie de la hanche et du coude : une malformation articulaire douloureuse qui peut nécessiter une intervention chirurgicale.
- Luxation de la rotule : la rotule se déplace de sa position normale, causant douleur et boiterie.
- Problèmes de colonne vertébrale : des anomalies vertébrales sont courantes, pouvant entraîner des douleurs dorsales chroniques, voire des paralysies.
Problèmes Oculaires
Leurs orbites peu profondes et leurs paupières inférieures pendantes les exposent à :
- Entropion/Ectropion : les paupières s’enroulent vers l’intérieur (entropion) ou vers l’extérieur (ectropion), irritant l’œil.
- Cherry eye (œil de cerise) : prolapsus de la glande nictitante, nécessitant une chirurgie.
- Kératite pigmentaire : une condition où des pigments foncés recouvrent la cornée, affectant la vision.
Difficultés de Reproduction
En raison de leur tête large et de leur bassin étroit, la plupart des Bouledogues Anglais ne peuvent pas mettre bas naturellement et nécessitent une césarienne, une intervention chirurgicale lourde et coûteuse pour la mère et ses chiots.
“Le Bouledogue Anglais est devenu une race qui ne peut pas respirer, se déplacer ou se reproduire normalement. C’est une honte pour l’élevage canin et une tragédie pour les animaux.” – Un vétérinaire norvégien impliqué dans le dossier.
La douleur invisible du cavalier king charles spaniel : un cœur et un cerveau fragiles
Le Cavalier King Charles Spaniel est l’image même de la gentillesse et de l’élégance. Ces petits chiens sont connus pour leur nature affectueuse, leur patience et leur adaptabilité, ce qui en fait des compagnons idéaux pour de nombreuses familles. Malheureusement, ils sont également parmi les races les plus touchées par des maladies héréditaires graves, souvent cachées, qui affectent profondément leur qualité de vie.
Les fléaux du Cavalier King Charles Spaniel :
Syringomyélie (SM)
C’est la maladie la plus dévastatrice chez le Cavalier. C’est une affection neurologique grave et progressive où des cavités remplies de liquide (syrinx) se forment dans la moelle épinière, près du cerveau. Cela est dû à une malformation du crâne (malformation de Chiari-like ou CM), trop petit pour le cerveau .
- Symptômes : les chiens atteints souffrent de douleurs intenses au cou, aux épaules et au dos. Ils peuvent se gratter de manière compulsive l’épaule ou l’oreille sans que rien ne les démange (le “grattage de l’air”), montrer une sensibilité accrue au toucher ou au froid, ou développer des problèmes de coordination et de faiblesse musculaire. Dans les cas sévères, la maladie peut entraîner une paralysie partielle.
- Impact : la SM peut commencer à un jeune âge et s’aggraver avec le temps, rendant la vie du chien une souffrance constante. Bien qu’il existe des traitements pour gérer la douleur, il n’y a pas de guérison et les chirurgies sont risquées et ne garantissent pas un succès complet. Vous pouvez en savoir plus sur cette maladie complexe sur notre page dédiée : Comprendre la Syringomyélie chez le Cavalier King Charles.
Maladie Valvulaire Mitrale (MVD)
Cette maladie cardiaque est incroyablement fréquente chez les Cavaliers, touchant une grande majorité d’entre eux, souvent dès l’âge moyen . La valvule mitrale du cœur dégénère, entraînant une fuite de sang et, à terme, une insuffisance cardiaque congestive.
- Symptômes : toux, essoufflement, fatigue, intolérance à l’exercice et, dans les cas avancés, évanouissements.
- Pronostic : bien que des médicaments puissent ralentir la progression de la maladie et gérer les symptômes, la MVD est une maladie progressive et incurable qui finit par raccourcir la durée de vie du chien.
- Épilepsie
Les Cavaliers sont également prédisposés à l’épilepsie, une maladie neurologique chronique caractérisée par des crises convulsives récurrentes
Problèmes Oculaires
Des affections comme la dysplasie rétinienne ou la cataracte juvénile peuvent affecter la vue.
Problèmes d’Oreilles
En raison de leurs longues oreilles tombantes, ils sont sujets aux otites, qui nécessitent des soins réguliers.
Pour les propriétaires, c’est une lourde charge émotionnelle et financière. Savoir que votre chien souffre d’une maladie incurable, dont la douleur est omniprésente, est déchirant. C’est précisément cette souffrance inhérente à la race qui a motivé la décision des autorités norvégiennes.
“L’élevage d’animaux atteints de maladies héréditaires connues et graves est une violation de la loi norvégienne sur le bien-être animal. Nous devons prendre des mesures pour protéger ces animaux qui ne peuvent pas se défendre.” – La Cour d’appel norvégienne.
Ces deux exemples montrent clairement pourquoi la Norvège a jugé nécessaire d’intervenir. Il ne s’agit pas de “punir” les races, mais d’arrêter un cycle d’élevage qui, en cherchant à perpétuer des traits esthétiques extrêmes, a involontairement condamné des générations de chiens à la souffrance.
Implications de l’interdiction : que signifie être une race de chien interdite ?

La Cour suprême norvégienne a confirmé en 2023 l’interdiction totale d’élevage pour le Cavalier King Charles en raison de maladies héréditaires comme la syringomyélie et la maladie mitrale. Pour le bouledogue anglais, l’élevage reste possible sous strictes conditions de programmes sanitaires pour réduire les troubles respiratoires (BOAS) et les césariennes.
La décision norvégienne a eu l’effet d’une bombe dans le monde cynophile, soulevant de nombreuses questions sur ce que cela signifie concrètement d’avoir des races de chien interdites et quelles sont les implications pour les propriétaires, les éleveurs et les autres pays.
Pour les éleveurs Norvégiens : un arrêt de l’élevage traditionnel
La conséquence la plus directe et la plus significative est l’interdiction pure et simple de l’élevage de Bouledogues Anglais et de Cavalier King Charles Spaniels en Norvège. Cela signifie que :
- Plus de portées : les éleveurs norvégiens ne sont plus autorisés à faire reproduire ces races sur le territoire norvégien.
- Fin des pedigrees traditionnels : les lignées existantes ne peuvent plus être développées et enregistrées de la même manière.
- Pression pour l’élevage éthique : cette interdiction met une pression immense sur la communauté des éleveurs pour réévaluer leurs pratiques et, pour certains, envisager de se tourner vers d’autres races ou des approches d’élevage plus saines.
Il est important de noter que l’interdiction n’est pas absolue et vise principalement l’élevage tel qu’il est pratiqué actuellement, perpétuant des problèmes génétiques. Le tribunal a laissé une porte ouverte à un élevage contrôlé et scientifiquement encadré qui pourrait, à terme, produire des animaux plus sains. Cependant, la mise en place de tels programmes est complexe et coûteuse, nécessitant une collaboration étroite entre éleveurs, vétérinaires et généticiens.
Pour les propriétaires actuels : pas d’impact direct sur la possession
Une clarification essentielle est que cette interdiction ne vise pas les propriétaires actuels de ces races. Si vous possédez un Bouledogue Anglais ou un Cavalier King Charles Spaniel en Norvège, vous n’êtes pas contraint de vous en séparer. La loi ne remet pas en question la possession d’animaux déjà nés.
Cependant, les propriétaires doivent comprendre les risques de santé associés à ces races. Ils doivent être particulièrement vigilants aux signes de maladie et être prêts à investir dans des soins vétérinaires potentiellement coûteux. Pour toute question sur la santé de votre animal, n’hésitez pas à consulter des ressources fiables comme Conseils Vétérinaire. Des articles comme Comprendre et savoir traiter le syndrome de Cushing du chien peuvent vous donner un aperçu de la complexité de certaines affections canines.
De plus, l’adoption de chiots de ces races provenant de l’étranger reste techniquement possible, bien que cela puisse aller à l’encontre de l’esprit de la loi norvégienne. Le gouvernement norvégien pourrait à l’avenir envisager des restrictions sur l’importation afin de renforcer l’impact de la législation.
Un précédent mondial : un signal fort pour le bien-être animal
La décision norvégienne est bien plus qu’une simple loi locale ; elle représente un signal fort et un précédent potentiellement mondial.
- Débat International : cette interdiction a relancé un débat international sur l’éthique de l’élevage des races brachycéphales et d’autres races à problèmes de santé connus. Des pays comme les Pays-Bas ont déjà pris des mesures similaires pour restreindre l’élevage de chiens à nez plat.Les Pays-Bas interdisent les élevages causant des malformations chez les brachycéphales comme le bouledogue depuis 2014, mais pas spécifiquement le cavalier king charles. En fait dans ce pays,c’est une situation un peu plus compliquée sur laquelle je reviendrai dans un autre article. Des discussions existent au Royaume-Uni et en Australie pour restreindre les races brachycéphales.
- Pression sur les Clubs de Race : les clubs de race du monde entier sont désormais sous pression pour réévaluer leurs standards et encourager des pratiques d’élevage plus axées sur la santé. Si les standards actuels contribuent à la souffrance, ne devraient-ils pas être modifiés ?
- Évolution du Rôle des Vétérinaires : cette décision renforce le rôle des vétérinaires en tant que défenseurs du bien-être animal. Ils sont de plus en plus appelés à témoigner des souffrances causées par des pratiques d’élevage non éthiques.
- Sensibilisation du Public : le grand public est de plus en plus conscient des problèmes de santé liés à certaines races. En tant que futurs propriétaires, nous avons le pouvoir de choisir des races plus saines ou d’encourager les éleveurs responsables.
Ce cas norvégien pourrait inspirer d’autres nations à prendre des mesures similaires, poussant l’industrie de l’élevage à une réforme nécessaire. C’est une invitation à réfléchir collectivement à la place du bien-être animal dans notre société.
Réactions et contre-arguments : la complexité de la situation
Comme toute décision radicale, l’interdiction a suscité diverses réactions.
- Soutien des activistes du bien-être animal : les organisations de protection des animaux ont salué cette décision comme une victoire majeure pour les droits des animaux, arguant qu’il était temps de prioriser la santé sur l’esthétique.
- Préoccupations des éleveurs et des clubs de race : de nombreux éleveurs se sont sentis ciblés et ont exprimé des craintes quant à la survie de leurs races. Ils ont souvent investi des décennies dans leurs lignées et estiment qu’ils travaillent déjà à améliorer la santé. Ils craignent que cette interdiction n’encourage le marché noir ou l’importation de chiens moins bien élevés. Ils insistent sur la possibilité d’un “élevage responsable” même pour ces races, en sélectionnant méticuleusement les parents.
- Débat sur la “solution” : certains se demandent si l’interdiction est la solution la plus efficace. Ne serait-il pas préférable d’imposer des tests de santé obligatoires, des restrictions d’élevage basées sur des scores de santé ou des incitations pour les éleveurs responsables ? Cependant, l’expérience a montré que ces mesures seules n’ont pas toujours été suffisantes pour éradiquer les problèmes graves.
Il est clair que la situation est complexe. L’interdiction est une mesure forte, un couperet pour certains, une bouée de sauvetage pour d’autres. Elle force à une introspection collective sur nos responsabilités envers les animaux que nous choisissons d’élever et de posséder.
L’Avenir de l’élevage et des races de chien interdite : vers une approche plus éthique

Face à cette décision historique en Norvège, la question se pose : quel avenir pour l’élevage canin, et comment aborder la situation des races de chien interdites ou des races à problèmes de santé avérés ? La voie à suivre semble pointer vers une approche beaucoup plus éthique, basée sur la science, la responsabilité et une réévaluation de nos priorités.
L’élevage responsable : au-delà de l’esthétique
Le concept d’élevage responsable prend une nouvelle dimension. Il ne s’agit plus seulement de garantir des conditions de vie décentes aux animaux, mais de s’assurer que les chiens produits sont en bonne santé et capables de vivre une vie pleine et sans douleur.
- Priorité à la santé et au tempérament : les critères de sélection des reproducteurs doivent impérativement évoluer. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les standards esthétiques (la longueur du museau, la forme du crâne, la densité des plis), les éleveurs doivent donner la priorité à la santé génétique, à la capacité respiratoire, à l’absence de malformations articulaires et à un tempérament équilibré.
- Tests génétiques et dépistage : pour les races connues pour leurs prédispositions génétiques, le dépistage systématique des maladies héréditaires devient une obligation éthique. Pour le Cavalier King Charles Spaniel, cela inclurait des IRM pour la syringomyélie et des échocardiographies pour la MVD. Pour le Bouledogue Anglais, des évaluations respiratoires objectives et des radios pour la dysplasie. Des articles comme 80% des chiens manquent de vitamine D : Vrai ou Faux ? soulignent l’importance de la recherche scientifique dans la compréhension de la santé canine.
- Élargissement du pool génétique : la consanguinité, souvent utilisée pour fixer des traits de race, peut également concentrer les gènes de maladies. Les éleveurs devraient explorer des options pour élargir le pool génétique, potentiellement par des croisements prudents et ciblés avec d’autres races saines, sous stricte supervision scientifique et vétérinaire. C’est une approche controversée mais qui gagne du terrain dans certains cercles.
Le rôle crucial des vétérinaires et des scientifiques
Les professionnels de la santé animale sont en première ligne pour observer les conséquences des pratiques d’élevage. Leur expertise est indispensable pour guider l’évolution de l’élevage.
- Conseil et éducation : les vétérinaires peuvent éduquer les éleveurs et les futurs propriétaires sur les réalités de la santé des races. Ils peuvent également conseiller sur les meilleurs programmes de dépistage et de sélection.
- Recherche et développement : la recherche génétique continue d’avancer, offrant de nouvelles méthodes pour identifier les porteurs de gènes de maladies et développer des stratégies d’élevage plus saines.
- Plaidoyer pour le bien-être animal : les organisations vétérinaires mondiales jouent un rôle croissant dans la promotion de normes d’élevage éthiques, faisant pression sur les gouvernements et les clubs de race pour des changements significatifs.
Sensibilisation du public : un pouvoir d’achat responsable
Les futurs propriétaires ont un rôle crucial à jouer. Chaque choix d’achat ou d’adoption a un impact direct sur les pratiques d’élevage.
- Rechercher avant d’acheter : informez-vous minutieusement sur la race qui vous intéresse. N’hésitez pas à poser des questions aux éleveurs sur les tests de santé des parents, l’historique médical des lignées et les garanties de santé. Méfiez-vous des annonces qui proposent des chiots à bas prix sans aucune information sur la santé des parents.
- Ne pas encourager l’élevage irresponsable : évitez d’acheter des animaux auprès d’éleveurs qui ne peuvent pas prouver la bonne santé des parents ou qui semblent indifférents aux problèmes de santé de la race.
- Considérer l’adoption : de nombreux chiens merveilleux, y compris des croisements en bonne santé, attendent une famille dans les refuges. L’adoption est une option éthique et gratifiante. Vous pouvez en apprendre plus sur l’adoption et la santé des animaux en explorant des sujets comme adopter un chien Chinois à crête : guide complet.
- Soutenir les éleveurs éthiques : si vous souhaitez absolument une race spécifique, recherchez des éleveurs qui mettent la santé avant tout, qui sont transparents et qui sont membres d’associations reconnues promouvant le bien-être animal.
Qu’en est-il des “anciennes” races ?
L’interdiction norvégienne ne signifie pas l’extinction de ces races. Elle invite plutôt à une renaissance, où le Bouledogue Anglais et le Cavalier King Charles Spaniel pourraient être élevés selon des critères de santé améliorés. Cela pourrait signifier un retour à des morphologies moins extrêmes : des Bouledogues avec un museau plus long, des Cavaliers avec un crâne de taille adéquate pour leur cerveau. C’est un processus long et exigeant, mais essentiel pour leur survie à long terme sans souffrance.
- Programmes de “Sauvetage” : des initiatives pourraient voir le jour pour “reconstruire” ces races en privilégiant les individus les plus sains et en les croisant avec des sujets ayant des caractéristiques plus modérées et moins propices aux maladies héréditaires.
- Diversité génétique : l’objectif serait de restaurer une diversité génétique perdue au fil des sélections extrêmes, afin de réduire la prévalence des maladies.
La décision de la Norvège est un puissant rappel que l’amour que nous portons à nos animaux implique une responsabilité profonde. En 2025, alors que nous progressons dans la compréhension de la génétique et du bien-être animal, nous avons l’opportunité de redéfinir ce que signifie être un éleveur, un propriétaire, et un défenseur des animaux. L’objectif n’est pas de diaboliser des races entières, mais de garantir que chaque chien puisse vivre une vie digne, sans être condamné à la douleur par la main de l’homme.
Anecdote : Un jour, lors d’une consultation vétérinaire, j’ai rencontré un Cavalier King Charles Spaniel nommé Charlie. Sa propriétaire était désemparée : Charlie, à seulement trois ans, souffrait déjà des premiers symptômes de la syringomyélie. Il se grattait l’épaule de manière frénétique dans le vide, gémissait la nuit, et ses pas étaient hésitants. La propriétaire m’a confié : “Je l’aime plus que tout, mais je me demande si c’était juste de le faire naître avec une telle souffrance programmée.” Cette histoire, malheureusement banale, illustre parfaitement le dilemme éthique qui a conduit à la décision norvégienne. Ce n’est pas la faute de Charlie, ni même de sa propriétaire, mais celle d’un système qui a, pendant trop longtemps, privilégié l’apparence à la fonction et au bien-être.
Un appel à l’action pour un avenir meilleur
La décision norvégienne d’interdire l’élevage du Bouledogue Anglais et du Cavalier King Charles Spaniel est un moment charnière pour le bien-être animal mondial. Elle nous force à regarder en face les conséquences de décennies de sélection génétique axée sur des traits esthétiques extrêmes, souvent au détriment de la santé et de la qualité de vie de nos compagnons canins. Les maladies héréditaires graves, telles que le syndrome brachycéphale et la syringomyélie, ne sont pas de simples “défauts de race” ; ce sont des souffrances réelles et permanentes qui affectent la vie quotidienne de ces animaux.
Cette interdiction n’est pas une condamnation de ces races, mais un appel puissant à la responsabilité. Elle nous exhorte, propriétaires, éleveurs et législateurs, à repenser nos interactions avec le monde canin. L’objectif ultime n’est pas d’éradiquer des races, mais de les sauver d’une dérive qui les mène à la souffrance.
Pour l’avenir, voici quelques étapes concrètes et des réflexions pour tous :
- Soutenez l’élevage responsable : si vous envisagez d’acquérir un chiot en 2025, faites vos recherches. Choisissez des éleveurs qui privilégient la santé, effectuent des tests génétiques complets et sont transparents sur l’historique médical des lignées. Posez des questions sur le BOAS pour les races brachycéphales, la MVD et la syringomyélie pour les Cavaliers. N’hésitez pas à demander à voir les résultats des tests des parents.
- Considérez l’adoption : les refuges regorgent de chiens merveilleux, de toutes races et de tous âges, qui méritent une seconde chance. L’adoption est une démarche éthique qui contribue à réduire la surpopulation animale et à donner un foyer à ceux qui en ont le plus besoin.
- Éduquez-vous et les autres : partagez cette information. Plus les gens sont conscients des problèmes de santé liés à certaines races, plus la demande pour des chiens sains augmentera, poussant les éleveurs à adapter leurs pratiques.
- Agissez au niveau politique : soutenez les organisations de défense des animaux et les initiatives législatives qui visent à améliorer le bien-être animal et à encadrer plus strictement l’élevage.
- Consultez votre vétérinaire : si vous êtes déjà propriétaire d’un chien d’une race à risque, travaillez en étroite collaboration avec votre vétérinaire. Un diagnostic précoce et une gestion proactive peuvent faire une grande différence dans la qualité de vie de votre compagnon. Des articles comme Cette visite annuelle vaccinale est-elle nécessaire ? ou Brosser les dents de son chien : est-ce utile, pertinent ou dangereux ? vous montrent l’importance des soins préventifs et réguliers.
La Norvège a ouvert une porte vers un avenir où les animaux ne sont plus sacrifiés sur l’autel de l’esthétique. C’est à nous tous de franchir cette porte et de bâtir un monde où chaque chien peut courir, respirer et vivre sans douleur, simplement parce que nous avons fait le choix éthique de le permettre.
Et vous, pensez-vous que d’autres pays devraient suivre l’exemple norvégien pour repenser l’élevage des races de chiens à risque ?
FAQ sur les races de chiens interdites en Norvège
La Norvège interdit l’élevage de certaines races lorsque les problèmes de santé héréditaires sont jugés incompatibles avec le bien-être animal. La loi norvégienne sur la protection animale impose que la reproduction ne provoque pas de souffrances évitables. Dans ce cadre, l’élevage devient illégal même si la race est populaire ailleurs.
La décision de justice norvégienne concerne principalement le bulldog anglais et le cavalier King Charles spaniel. Ces races sont citées en raison de pathologies génétiques fréquentes et bien documentées. L’interdiction porte sur l’élevage, pas sur la détention.
L’interdiction découle d’un jugement rendu en février 2022 par un tribunal norvégien. Cette décision s’appuie sur des expertises vétérinaires et scientifiques. Elle fait aujourd’hui référence dans les débats européens sur l’élevage canin.
Le bulldog anglais est fortement touché par le syndrome obstructif des voies respiratoires des brachycéphales (BOAS). S’y ajoutent des troubles orthopédiques, cardiaques et oculaires. Ces pathologies sont directement liées à la sélection morphologique.
Cette race présente une forte prévalence de syringomyélie et de maladie de la valve mitrale. Ces affections provoquent douleurs chroniques et diminution de l’espérance de vie. Les autorités estiment que la reproduction perpétue des souffrances prévisibles.
C’est un point de débat majeur. Les juges norvégiens ont estimé que, dans l’état actuel des connaissances et des pratiques, les risques restent trop élevés. La sélection génétique existante n’a pas permis de réduire suffisamment la fréquence des maladies.
Oui, la possession n’est pas interdite. La loi vise uniquement l’élevage et la reproduction. Les chiens déjà présents dans le pays ne sont pas concernés par une confiscation ou une euthanasie.
Les croisements sont également surveillés. Si le résultat présente les mêmes caractéristiques à risque, il peut être considéré comme contraire à la loi sur le bien-être animal. La notion de responsabilité de l’éleveur est central
Non, mais elle fait figure de pionnière. D’autres pays européens, comme les Pays-Bas, imposent déjà des restrictions morphologiques strictes. Le débat progresse aussi en Allemagne, en Suisse et au Royaume-Uni.
C’est une question centrale. Les autorités norvégiennes estiment que, lorsque les risques sont trop élevés, la réglementation ne suffit plus. L’interdiction devient alors un levier de protection.
Références
[1] Packer, RMA. (2016). Health and welfare of brachycephalic dogs: a review of the science and the debate. Veterinary Record.
[2] Rusbridge, C. (2018). Syringomyelia in the Cavalier King Charles Spaniel: A review. Veterinary Journal.
[3] Factor, S. (2020). Mitral Valve Disease in the Cavalier King Charles Spaniel. Journal of Veterinary Cardiology.
(4) Loi norvégienne sur le bien-être animal (Animal Welfare Act)




