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Vous adorez les chats et votre cher (chère) et tendre est plutôt amoureux(se) des chiens ? Pas de panique, la cohabitation entre votre persan aristocratique et son basset à poils durs peut être parfaitement pacifique… à condition de connaître les différences entre ces deux espèces réputées irréconciliables.

Dessine-moi un chien !

La période pendant laquelle le chaton apprend peu à peu à reconnaître sa propre espèce s’échelonne de trois à huit-neuf semaines d’âge. En côtoyant sa maman et ses frères et sœurs, il va s’identifier à eux et comprendre ce qu’est un chat. Il saura dorénavant qu’il fait partie de l’espèce chat. En quelques semaines, sa mère va lui enseigner à sauter, courir, laper de l’eau et saisir des boulettes dans sa bouche.

Ses frères et sœurs, à travers des jeux incessants de courses-poursuites, de « mords moi l’oreille-quand je te griffe la queue » vont lui apprendre à se battre et à jouer. Toutes les coutumes ancestrales du peuple chat lui seront à peu près connues à l’âge de deux mois, temps nécessaire à la chatte pour « former » ses petits. Si, pendant cette période, le chaton côtoie d’autres espèces que la sienne – comme les humains ou les chiens -, il s’habituera à elles tout en comprenant qu’il n’en fait pas partie. Une mauvaise expérience avec un chien, pendant cette période, le marquera à vie et le rendra méfiant vis-à-vis de la gent canine.

A contrario, « un chaton très jeune, « adopté » par un chien, prendra celui-ci pour sa maman, et recopiera certaines de ses attitudes, la frontière chat-chien étant un peu imprécise dans sa tête ! » explique le site Lapapatte.fr.

Donc, si vous adoptez un chaton alors que vous possédez un chien adulte, l’attitude de chacun dépendra de ses expériences ultérieures : le chiot se forme de la même manière que le chaton, en trois mois environ. Si votre chien n’a jamais vu de chaton, il va se demander ce qu’est cette boule de poils hyperactive qui grimpe aux rideaux et lui mord les oreilles ! Néanmoins, un chien adulte équilibré sait, à l’odeur, qu’il a affaire à un bébé, et ne lui fera pas de mal.

Attention cependant à ne pas laisser les choses dégénérer : le chien doit pouvoir se reposer tranquillement et manger dans sa gamelle, sans être constamment dérangé par un « kikinou » hystérique et avide de jeux ! Un chien adulte pourra réagir violemment à la présence d’un chat adulte ou bien le fuir systématiquement : il est assez difficile de prévoir à l’avance l’issue de la confrontation. A vous de préparer le terrain et d’aplanir les angles.

Si votre chat adulte voit débarquer chez lui un chien inconnu, adulte ou encore petit, observez certaines précautions. Les présentations une fois faites et après une période d’adaptation de quelques semaines en général, certaines habitudes vont se mettre en place.

Faites les présentations

La première entrevue chat-chien doit être préparée à l’avance. Renseignez-vous sur la vie de l’animal que vous allez accueillir : a-t-il déjà côtoyé un individu d’une autre espèce ? Comment va-t-il réagi si votre chat n’aime pas les chiens, vous pouvez l’habituer peu à peu la présence de son partenaire canin en pulvérisant sur ce dernier un produit adapté (en vente chez votre vétérinaire), qui est un concentré de glandes jugales de chat. Ces glandes sont placées dans les joues de votre chat : il emploie les composés odorants qu’elles contiennent pour marquer les êtres qu’il aime et se les ” approprier ” en frottant ses joues sur leurs jambes. Ce produit devrait donc délivrer à votre compagnon le message suivant : ” Ce chien est un ami des chats, c’est un familier ».

Dans tous les cas, il faut procéder par étapes en mettant le chat et le chien en présence pendant quelques heures plusieurs fois de suite : les animaux ont besoin de faire connaissance, comme nous…

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Chaque couple chat-chien est différent

Vous vous apercevrez rapidement que votre chat et votre chien ont chacun leurs habitudes et qu’ils s’arrangent pour ne pas se gêner mutuellement. Les chats sont des animaux territoriaux, ce qui signifie qu’ils conçoivent la maison de leur maître comme une mosaïque de petits endroits dédiés à différentes occupations : le troisième coussin du canapé sera le coin sommeil et farniente, la fenêtre de l’entrée fera un très bon poste d’observation des oiseaux, les plantes du salon serviront de coin jeux et la caisse de toilettes !

La hiérarchie intervient peu dans le mode de vie des chats d’intérieur : c’est dans les groupes de chats des rues qu’elle revêt de l’importance. En tout cas, son rôle est inexistant entre un chat et un chien… pour le chat. Le chien, par contre, doit obligatoirement se placer dans une hiérarchie et il voudra rapidement savoir si vous êtes dominant… ou dominé. Vis-à-vis du chat, animal souple et griffu, le chien adoptera le plus souvent un prudent statu quo, pour éviter des bagarres dont il ne sortirait pas forcément vainqueur.

Chat et chien feront bon ménage si vous ne leur demandez que ce qu’ils peuvent donner : ne les mettez pas en concurrence et ne leur accordez pas les mêmes privilèges. Et vous verrez, tout ira bien.

Une fois habitués l’un à l’autre, vos deux compagnons adopteront un modus vivendi, qui pourra aller de la paix armée à la franche camaraderie. Il n’est pas si rare de voir un chat et un chien s’entendre pour vider le frigo… ou jouer « fraternellement » à se courir après dans un sens ou dans l’autre, au vif agacement (amusé) de leur maître. Sachez également que, pour eux, habitude a force de loi : lorsque l’un des deux s’envole au paradis des animaux, l’autre le cherche partout et peut même déprimer !

Qui peut faire quoi ?

Votre chien aura droit aux promenades trois fois par jour, aux trajets fréquents en voiture, aux sorties dans la campagne… Votre chat pourra grimper sur vos genoux, se frotter à vous, circuler sur les meubles… En revanche, aucun des deux ne devra entrer dans votre chambre, ni dormir la nuit sur le canapé.

Pas question de laisser le chat se faire les griffes sur le coussin du chien ou monter sur la table, ni d’autoriser le chien à finir la gamelle du chat. Votre chien doit manger après vous (quand vous avez achevé votre repas) pour des raisons hiérarchiques, votre chat peut manger quand il lui plaît (dans sa gamelle !) puisqu’il ne risque pas de chercher à vous dominer.

Petit à petit, vous apprendrez à régler les conflits en évitant les injustices criantes : observez vos compagnons et vous comprendrez ce qu’ils attendent.

S’ils s’entendent comme chiens et chats…

Si, malgré tout, votre chien et votre chat sont agressifs l’un envers l’autre… Faites preuve de patience. Evitez-leur un contact permanent ou trop fréquent, et laissez de l’air au chat : sa caisse doit être hors de portée du chien (qui pourrait aller fouiner dedans), et il doit pouvoir manger et se reposer en hauteur. N’hésitez pas à faire usage de produits destinés rendre les autres espèces plus familières aux chats.

Attention également à ne pas passer à côté de symptômes de dépression chez votre chat : le mal-être ne s’exprime pas forcément par la violence chez nos petits félins (voir paragraphe suivant). Si vous observez de tels signes chez votre ami, prenez conseil auprès d’un vétérinaire : quelquefois, un simple éloignement ou une thérapie comportementale (c’est- à-dire un changement de votre attitude vis-à-vis de votre chat ou de votre chien) suffisent à résoudre le problème. Dans les cas plus graves, un traitement base d’anxiolytiques ou de régulateurs de l’humeur (en comprimés) sera nécessaire. Pas d’affolement. Ces situations extrêmes ne sont pas fréquentes. Même si votre chat « fait la tête » à l’arrivée d’un chien, il finira par comprendre que cet intrus est là pour rester, et s’habituera lui, comme il s’est habitué à vous. Et n’oubliez pas : « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. »

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Comment reconnaître un chat dépressif ?

Si votre minou fait brusquement et régulièrement ses besoins en dehors de sa caisse, il se cache des journées entières sous le buffet et ne sort que la nuit, s’il évite toute confrontation avec le chien et panique lorsqu’il se trouve en sa présence… il prend le chemin de la dépression. De même, un chat qui perd ses poils et qui se retrouve quasi nu, un minou qui passe des heures se lécher les flancs au risque de se faire des plaies sont probablement victimes de dépression.

Les chats stressent facilement, et lorsqu’ils ne peuvent évacuer le stress (parce que la cause est toujours présente, ce qui est le cas lorsqu’un chien inconnu s’installe à la maison), ils peuvent devenir agressifs… ou, le plus souvent, dépressifs. « Si vous observez des signes de stress ou de dépression chez votre minou, n’attendez pas une consultation chez un vétérinaire s’impose pour trouver rapidement une solution. Une dépression qui dure est de plus en plus difficile à soigner chez le chat, exactement comme chez nous. Plus vous attendrez, plus le traitement sera long et problématique.

*Article écrit par un lecteur