L’infection du tractus urinaire chez le chat :” ce que vous devez savoir !”

Les propriétaires de chats se préoccupent souvent de la santé urinaire de leurs compagnons, et l’expression “infection urinaire” est fréquemment utilisée pour décrire tout problème lié aux mictions. Cependant, dans le monde vétérinaire, la réalité de l’infection du tractus urinaire (ITU) chez le chat est bien plus nuancée et moins courante qu’on ne le pense généralement.

L’infection du tractus urinaire (ITU) chez le chat fait partie des pathologies les plus communes de cette espèce, à savoir les maladies du bas appareil urinaire (MBAUF).

Anciennement appelé syndrome urologique félin (SUF), les MBAUF affectent principalement la vessie et l’urètre.

Dans cet article approfondi , je vais tenter de démystifier les ITUs félines, les différenciant des autres affections du bas appareil urinaire, et vous guider à travers les symptômes, le diagnostic précis et les stratégies de traitement les plus efficaces et actuelles.

Points Clés à retenir

Les véritables infections bactériennes sont rares chez le chat en bonne santé (2 à 3 % des cas), la majorité des troubles étant liés au stress (cystite idiopathique) ou à des calculs.

L’administration systématique d’antibiotiques est fortement déconseillée sans confirmation, car elle favorise la résistance bactérienne et est inefficace contre les inflammations stériles

Un diagnostic fiable d’infection du tractus urinaire ne peut reposer sur une simple bandelette urinaire ; seule une mise en culture en laboratoire confirme la présence de bactéries

Toute difficulté à uriner, présence de sang ou malpropreté soudaine constitue une urgence vétérinaire nécessitant d’écarter rapidement une obstruction mortelle.

Introduction aux maladies du bas appareil urinaire félin (MBAUF)

Les maladies du bas appareil urinaire félin (MBAUF), également connues sous l’acronyme anglais FLUTD (Feline Lower Urinary Tract Disease), constituent un ensemble de troubles affectant la vessie et l’urètre des chats. Autrefois regroupées sous le terme générique de “syndrome urologique félin” (SUF), ces affections sont désormais mieux comprises et catégorisées. Il faut savoir que l’infection du tractus urinaire (ITU) bactérienne n’est qu’une des nombreuses causes possibles des MBAUF, et souvent, ce n’est même pas la plus fréquente.

Infographie montrant les maladies du bas appareil urinaire féline avec anatomie des voies urinaires, inflammation, cristaux et obstruction urétrale.
Maladies du bas appareil urinaire féline.

Les MBAUF se manifestent par des symptômes similaires, ce qui rend leur diagnostic différentiel essentiel pour un traitement approprié. La confusion entre une cystite idiopathique (inflammation de la vessie sans cause bactérienne) et une véritable ITU bactérienne est une erreur courante qui peut conduire à des traitements inefficaces et à l’émergence de résistances aux antibiotiques.

Contrairement à la croyance populaire et aux statistiques chez l’homme, les infections bactériennes du tractus urinaire sont relativement rares chez les chats. Les études récentes (mises à jour en 2026) indiquent qu’elles ne représentent que 2 à 19 % des cas de MBAUF.

Ce pourcentage est significativement plus élevé chez certaines populations félines, notamment:

  1. Les chats âgés de plus de 10 ans : chez cette tranche d’âge, les infections du tractus urinaire peuvent représenter jusqu’à 50 % des cas de MBAUF en raison d’un système immunitaire affaibli ou de maladies concomitantes.
  2. Les chats atteints de diabète sucré : le glucose dans l’urine crée un environnement favorable à la prolifération bactérienne.
  3. Les chats souffrant d’une maladie rénale chronique : ces chats ont souvent une urine plus diluée et une immunité locale compromise, augmentant le risque d’infection.
  4. Les chats femelles : elles ont une prévalence légèrement plus élevée (environ 30 %) en raison de leur urètre plus court, facilitant l’accès des bactéries.

Contrairement aux idées reçues, les ITU bactériennes sont rares chez les chats jeunes et sains, et dans ce cas, un traitement antibiotique systématique est déconseillé pour éviter les résistances . La plupart des MBAUF dans cette population sont d’origine non infectieuse, principalement la cystite idiopathique féline.

Causes des maladies du bas appareil urinaire félin(MBAUF)

Comprendre les diverses causes des MBAUF est fondamental pour appréhender la place des infections du tractus urinaire (ITU) dans ce tableau complexe. Les MBAUF peuvent être divisées en deux grandes catégories : les maladies obstructives et non obstructives.

causes_MBAUF

Maladies Obstructives

Ces affections sont des urgences vétérinaires et nécessitent une intervention immédiate. Elles se caractérisent par une obstruction partielle ou complète de l’urètre, empêchant le chat d’uriner. Cela peut entraîner une accumulation toxique de déchets dans le sang et mettre la vie de l’animal en danger. Les causes obstructives incluent :

  • Bouchons urétraux : composés de mucus, de cristaux, de cellules inflammatoires et de débris, ils sont la cause la plus fréquente d’obstruction chez les chats mâles.
  • Calculs urinaires (urolithiase) : petites pierres qui peuvent se former dans la vessie et migrer pour bloquer l’urètre. Les types les plus courants sont les struvites et les oxalates de calcium.
  • Spasmes urétraux : l’inflammation et la douleur peuvent provoquer des spasmes musculaires de l’urètre, entraînant une obstruction fonctionnelle.

Maladies Non Obstructives

Ce groupe est plus large et comprend la majorité des cas de MBAUF.

  • Cystite Idiopathique Féline (CIF) : c’est la cause la plus fréquente de MBAUF non obstructive, représentant jusqu’à 60-70 % des cas. Elle est caractérisée par une inflammation de la vessie dont la cause exacte n’est pas connue, mais est fortement liée au stress. L’urine reste stérile dans ces cas.
  • Calculs urinaires (urolithiase) : s’ils ne provoquent pas d’obstruction, ils peuvent néanmoins irriter la vessie et provoquer des symptômes de MBAUF.
  • Anomalies anatomiques : des malformations congénitales de l’appareil urinaire, bien que rares, peuvent prédisposer à des problèmes.
  • Tumeurs de la vessie ou de l’urètre : plus fréquentes chez les chats âgés, elles peuvent provoquer une inflammation et des saignements.
  • Infections Bactériennes (ITUs) : comme mentionné, elles sont rares chez les jeunes chats sains mais plus fréquentes chez les chats âgés ou ceux souffrant de maladies sous-jacentes (diabète, maladie rénale).
  • Traumatisme : un coup ou une blessure à la région pelvienne peut affecter la vessie ou l’urètre.

Le véritable défi pour le vétérinaire est d’établir un diagnostic précis, car les causes, et donc les traitements, sont très différents.

Beaucoup de maladies du bas appareil urinaire félin sont sans causes connues, on les appelle les maladies idiopathiques (cystite idiopathique, urétrite idiopathique).

Symptômes de l’infection du tractus urinaire chez le chat

Les symptômes des ITUs sont indistinguables de ceux des autres MBAUF. C’est pourquoi une observation attentive du comportement de votre chat est importante. Si votre chat présente un ou plusieurs des signes suivants, une consultation vétérinaire s’impose sans délai.

Les quatre signes cliniques les plus fréquemment observés et presque toujours présents en cas de MBAUF (y compris l’ITU) sont ::

  1. Dysurie : difficulté à uriner. Le chat peut passer beaucoup de temps dans la litière, adopter une posture de miction prolongée et forcée sans produire beaucoup d’urine.
  2. Strangurie : miction douloureuse et émise goutte à goutte. Le chat peut miauler de douleur pendant qu’il urine ou montrer des signes d’inconfort.
  3. Pollakiurie : besoin fréquent d’uriner, avec des quantités réduites à chaque miction. Le chat peut retourner à la litière très souvent, parfois quelques minutes après avoir uriné.
  4. Hématurie : présence de sang dans les urines, visible sous forme d’urine rosée, rouge ou de petites gouttes de sang..

Ces quatre signes sont presque toujours présents.

Au-delà de ces quatre signes cardinaux, des études récentes (depuis 2023) ont mis en lumière d’autres indicateurs importants, notamment chez certaines populations à risque :

  • Spasmes abdominaux : fréquemment notés chez les chats âgés de plus de 10 ans, où les ITUs représentent une part plus importante des cas.
  • Léchage excessif de la zone génitale et péri-génitale : ce comportement, souvent interprété à tort comme un signe de propreté, est un indicateur précoce d’irritation ou de douleur.
  • Léthargie : un état général de faiblesse ou d’abattement, en particulier chez les chats femelles, où la prévalence des ITUs est légèrement plus élevée.

Un signe clinique particulier : la malpropreté urinaire

Un symptôme qui doit toujours alerter est la miction en dehors de la litière. Bien que ce comportement puisse avoir une composante comportementale, il est impératif de ne pas conclure hâtivement à un problème “psychologique”. Au contraire, la première démarche doit être une consultation vétérinaire.

Le vétérinaire réalisera un examen clinique approfondi et des tests diagnostiques pour écarter ou confirmer une maladie du bas appareil urinaire félin. Ce n’est qu’après avoir éliminé toutes les causes médicales possibles (ITUs, calculs, cystite idiopathique, etc.) qu’un diagnostic de problème comportemental pourra être envisagé. Ignorer cette étape peut retarder le traitement d’une affection sous-jacente douloureuse et potentiellement grave pour votre chat. Pour en savoir plus sur les causes de la malpropreté, consultez notre article détaillé sur le sujet : chat qui urine hors litiere les vraies causes a connaitre.

malproproté_du_chat

Différence entre une cystite et une infection du tractus urinaire chez le chat

La distinction entre une simple cystite (inflammation de la vessie) et une infection du tractus urinaire (ITU) est capitale. Tous les cas de cystite ne sont pas d’origine infectieuse, loin de là. Cette méprise est l’une des principales raisons des échecs thérapeutiques et de l’augmentation des résistances bactériennes aux antibiotiques.

Qu’est-ce qu’une cystite ?

La cystite est définie comme une inflammation de la vessie. Cette inflammation peut être causée par divers facteurs, dont l’un peut être une infection bactérienne. Cependant, les causes les plus fréquentes de cystite chez le chat sont :

  • Cystite Idiopathique Féline (CIF) : c’est la forme la plus courante, représentant jusqu’à 50-70% des cas de MBAUF. Comme son nom l’indique (“idiopathique” signifie sans cause inconnue), elle n’est pas causée par des bactéries. Elle est fortement liée au stress et à des dysfonctionnements du système nerveux et de la paroi vésicale. Une étude de 2025 de l’Université de Montréal a confirmé la prévalence élevée de la CIF et sa récurrence due au stress, soulignant que l’urine reste stérile dans la majorité des épisodes.
  • Urolithiase (calculs urinaires) : les calculs irritent la paroi de la vessie, provoquant une inflammation mécanique.
  • Tumeurs vésicales : elles peuvent entraîner une inflammation locale.
  • Autres inflammations non infectieuses : moins fréquentes, elles peuvent être dues à des anomalies anatomiques ou à des maladies systémiques.

Qu’est-ce qu’une infection du tractus urinaire (ITU) ?

Une ITU est spécifiquement une infection bactérienne (ou plus rarement fongique ou parasitaire) de l’appareil urinaire. Cela signifie qu’il y a prolifération de micro-organismes dans l’urine et les tissus du tractus urinaire. Chez le chat, les ITUs vraies sont rares, représentant globalement seulement 2 à 3 % des MBAUF, bien que ce chiffre augmente chez les chats diabétiques ou souffrant d’insuffisance rénale.

Pourquoi faire la distinction est-elle si importante ?

Le traitement d’une cystite inflammatoire (comme la CIF) est fondamentalement différent de celui d’une infection bactérienne.

  • Traitement de la CIF : axé sur la gestion du stress, l’enrichissement de l’environnement, l’augmentation de la consommation d’eau et parfois des médicaments anti-inflammatoires ou anxiolytiques. Les antibiotiques sont inutiles et potentiellement nocifs. Pour des conseils sur la gestion du stress, voir notre article sur 6 conseils pour calmer un chat stressé.
  • Traitement de l’ITU : repose sur l’administration d’antibiotiques spécifiques pour cibler les bactéries identifiées.

Les remèdes pour traiter une inflammation ne sont pas les mêmes que pour traiter une infection!!.

Cette remarque est très importante et peut expliquer les fréquents échecs dans le traitement des maladies  du bas appareil urinaire félin (MBAUF).

Important:

Beaucoup de vétérinaires ou propriétaires (automédication) donnent des antibiotiques comme traitement en première intention pour les pathologies des voies urinaires alors que la cause primaire n’est pas une infection!.

L’administration systématique d’antibiotiques en première intention pour toutes les pathologies urinaires sans diagnostic confirmé d’ITU est une pratique dangereuse. Elle contribue non seulement à l’échec du traitement si la cause n’est pas bactérienne, mais favorise également l’émergence de souches bactériennes résistantes, rendant les futures infections plus difficiles à traiter. Les guidelines vétérinaires actuelles de 2026 mettent en garde contre cette automédication et l’usage inapproprié des antibiotiques.

Par conséquent, face à des symptômes de MBAUF, il est impératif que le vétérinaire réalise des examens complémentaires pour confirmer la présence ou l’absence d’une infection bactérienne avant d’initier un traitement.

Diagnostic précis de l’infection du tractus urinaire : éviter les erreurs courantes

Organigramme de diagnostic des troubles urinaires chez le chat montrant les étapes cliniques, analyses d’urine, culture bactérienne et imagerie.
Diagnostic des troubles urinaires chez le chat.

Un diagnostic précis est la pierre angulaire d’un traitement efficace des MBAUF, et particulièrement des ITUs. Il permet d’éviter les erreurs de traitement, les récidives et le développement de résistances aux antibiotiques. Le processus diagnostique repose sur une combinaison d’analyses urinaires et, si nécessaire, d’imagerie.

1. Récolte et analyse d’urine : la clé du diagnostic

C’est l’examen le plus fondamental. Pour être fiable, il doit comprendre trois étapes distinctes.

La récolte d’urine : une étape critique

La méthode de récolte d’urine est déterminante pour la fiabilité des résultats, surtout pour la culture bactériologique.

1.Miction spontanée ou “au vol” : l’urine est recueillie par le propriétaire directement au moment où le chat urine. Cette méthode est la moins fiable pour la culture bactériologique car l’urine est très susceptible d’être contaminée par des bactéries présentes sur la peau, les poils ou dans l’environnement. Elle peut être utile pour la bandelette urinaire ou l’examen du sédiment si l’on est conscient des limites de contamination.

2.Sondage urinaire : un cathéter est inséré dans l’urètre pour atteindre la vessie et recueillir l’urine. Cette technique doit être réalisée avec la plus grande asepsie pour éviter d’introduire des bactéries dans l’urètre ou la vessie. Elle peut être traumatisante si le chat est agité, et le traumatisme peut entraîner la présence de sang (hématurie) sur la bandelette urinaire, créant un faux positif pour l’inflammation. Le sondage est souvent utilisé en cas d’obstruction pour dégager l’urètre.

3.Cystocentèse : c’est la méthode de choix pour obtenir un échantillon d’urine stérile pour la culture bactériologique. Le vétérinaire prélève directement l’urine de la vessie à l’aide d’une aiguille fine insérée à travers la paroi abdominale.

Technique de la cystocentèse : après avoir localisé la vessie par palpation ou échographie, une zone de l’abdomen est désinfectée. Une aiguille stérile est insérée à travers la peau et la paroi de la vessie pour aspirer l’urine dans une seringue stérile. Cet acte est généralement rapide, bien toléré par la plupart des chats et non douloureux. Pour les chats anxieux ou agressifs, une légère sédation peut être nécessaire. La cystocentèse minimise considérablement le risque de contamination bactérienne externe, rendant les résultats de la culture urinaire beaucoup plus fiables.

cystocenthèse_chat

La bandelette urinaire (tests chimiques)

bandelette_urinaire

La bandelette urinaire est un outil de dépistage rapide qui fournit des informations préliminaires sur la composition de l’urine. Elle permet de mesurer :

  • Le glucose : sa présence (glucosurie) est un indicateur potentiel de diabète sucré.
  • La bilirubine : peut suggérer des problèmes hépatiques.
  • Les hématies (globules rouges/sang) : l’hématurie indique une inflammation ou une irritation du tractus urinaire, mais peut aussi être un faux positif en cas de sondage traumatisant ou d’échantillon contaminé.
  • Le pH : le pH normal de l’urine de chat varie généralement de 5,5 à 7 (acide à neutre). Connaître le pH est utile pour suspecter la nature des cristaux urinaires (ex: les cristaux de struvite sont favorisés par un pH alcalin, tandis que les oxalates de calcium se forment plus facilement en urine acide).
  • Les protéines (protéinurie) : leur présence peut indiquer une inflammation, une infection ou une maladie rénale.
  • Les leucocytes (globules blancs) : attention, chez le chat, les bandelettes urinaires sont très peu fiables pour détecter les leucocytes (pyurie). La composition chimique de l’urine féline peut souvent provoquer des faux positifs ou masquer une pyurie réelle, rendant cette lecture quasi inutile pour le diagnostic d’ITU.
  • La densité urinaire : mesure la concentration de l’urine. Une densité élevée (urine concentrée) peut indiquer une déshydratation. Une densité basse (urine diluée) peut être associée à des pathologies comme l’hyperthyroïdie, le diabète, ou des maladies rénales. Pour une mesure précise, un réfractomètre est indispensable.

Bien que la bandelette urinaire donne des indications précieuses, elle ne suffit jamais à elle seule pour diagnostiquer une ITU. Se limiter à ce seul test serait une grave erreur diagnostique

L’examen microscopique du culot urinaire (sédiment)

urine_centrifugee

Après centrifugation de l’urine, le culot (la partie solide au fond du tube) est examiné au microscope. Cette étape est essentielle et doit toujours être réalisée en cas de suspicion de MBAUF.

  • Préparation : l’urine est centrifugée pour séparer les éléments solides. Le culot est ensuite coloré (souvent avec une coloration de GRAM) et observé au microscope.
  • Observations : cet examen permet d’identifier et de quantifier la présence de :
    • Globules rouges : confirmant l’hématurie.
    • Globules blancs (leucocytes) : leur présence en quantité significative (pyurie) est un indicateur d’inflammation ou d’infection.
    • Cristaux : permet d’identifier le type de cristaux (struvite, oxalate de calcium, etc.), ce qui est crucial pour le régime alimentaire et la prévention des calculs.
    • Bactéries : la présence de bactéries visibles au microscope, associée à des globules blancs, est un fort indicateur d’ITU.
    • Cellules épithéliales : des cellules des voies urinaires qui peuvent être augmentées en cas d’inflammation ou de maladie tumorale.
    • Cylindres : peuvent indiquer des problèmes rénaux.

L’examen du sédiment urinaire est le premier pas fiable pour suspecter une ITU (présence combinée de bactéries et de leucocytes). Cependant, une certaine expertise est requise pour l’interprétation. Une étude américaine a même montré des différences de résultats entre l’examen “humide” (sédiment frais) et “sec” (sédiment coloré et monté), avec plus de faux positifs pour l’infection avec la méthode humide. C’est pourquoi de nombreux praticiens font appel à des laboratoires spécialisés pour garantir la fiabilité des résultats.

La mise en culture de l’urine et l’antibiogramme

culture_urine_antibiogramme

La culture urinaire est l’examen le plus fiable et le seul qui confirme de manière irréfutable une infection bactérienne du tractus urinaire chez le chat.

Procédure : un échantillon d’urine stérile (idéalement prélevé par cystocentèse) est ensemencé sur un milieu de culture (boîte de Pétri). L’échantillon est ensuite incubé à 37°C pendant 18 à 24 heures.

Résultats : en cas d’infection, des colonies bactériennes se développent. La culture permet de :

Quantifier les bactéries : déterminer la concentration bactérienne, essentielle pour distinguer une contamination d’une infection réelle.

Identifier la ou les bactéries : les bactéries les plus fréquemment isolées chez le chat sont Escherichia coli (de loin la plus commune), suivie de Staphylococcus intermedius, Proteus Mirabilis et Enterococcus spp.

Antibiogramme (Test de Sensibilité) : une fois la bactérie identifiée, un antibiogramme peut être réalisé. Il consiste à tester la sensibilité de la bactérie à différents antibiotiques. Des disques imprégnés d’antibiotiques sont placés sur la culture bactérienne. L’absence de croissance bactérienne autour d’un disque (zone d’inhibition) indique que la bactérie est sensible à cet antibiotique. L’antibiogramme est essentiel pour choisir l’antibiotique le plus efficace et éviter l’émergence de résistances.

 Il faut souligner qu’une culture positive est la seule preuve formelle d’une ITU. Sans elle, tout traitement antibiotique est empirique et risque d’être inefficace ou de contribuer à la résistance.

2. Radiographie et/ou échographie du Système Urinaire

Ces examens d’imagerie sont complémentaires aux analyses urinaires et sont particulièrement utiles pour identifier des anomalies structurelles ou des causes sous-jacentes de MBAUF, qui peuvent parfois favoriser les ITUs.

  • Radiographie : utile pour détecter certains types de calculs urinaires (ceux qui sont radio-opaques, comme les struvites et les oxalates de calcium), des anomalies osseuses pelviennes, ou des problèmes de grande taille.
  • Échographie : permet une évaluation détaillée des reins, des uretères, de la vessie et de l’urètre. Elle peut révéler :
    • la présence de calculs urinaires (même radio-transparents).
    • des anomalies de la paroi vésicale (épaississement, masses, polypes).
    • des obstructions urétérales ou urétrales.
    • des signes d’inflammation sévère.
    • des kystes ou tumeurs.

L’imagerie est importante pour avoir une vue d’ensemble de l’appareil urinaire et exclure d’autres pathologies pouvant mimer ou compliquer une ITU..

ExamenUtilitéLimites Actualisées (2023-2025)
Bandelette urinairepH (acide : 5,5-7), densité, protéines, hématiesFaux positifs leucocytes ; ne pas utiliser seul pmc.ncbi.nlm.nih
Microscopie sédimentBactéries, cristaux, globulesMéthode sèche préférée ; expérience requise
Culture urinaireIdentification (E. coli 48-61%, Staphylococcus, Proteus) + antibiogrammeGold standard ; positif >10^5 UFC/ml confirme ITU
Échographie/radioCalculs, tumeurs, obstructionEssentielle pour MBAUF obstructives

 Ce qu’il faut retenir sur les infections du tractus urinaire (ITU) chez le chat

 Les infections du tractus urinaire chez le chat sont un sujet complexe qui demande une approche diagnostique rigoureuse. Une compréhension claire des faits permet aux propriétaires de collaborer efficacement avec leur vétérinaire pour le bien-être de leur compagnon félin.

Rareté des ITUs chez le chat en bonne santé : les infections bactériennes du tractus urinaire sont moins fréquentes qu’on ne le croit chez les chats, représentant seulement 2 à 3 % des maladies du bas appareil urinaire félin (MBAUF) dans la population générale. Cette prévalence est plus élevée chez les chats âgés (jusqu’à 50% après 10 ans), les chats diabétiques, ou ceux souffrant de maladies rénales chroniques. Par conséquent, l’automédication avec des antibiotiques est fortement déconseillée.

Diagnostic rigoureux est essentiel : face à une suspicion d’infection du tractus urinaire, le vétérinaire doit impérativement confirmer le diagnostic par une série d’examens complémentaires. Se fier uniquement aux symptômes ou à une bandelette urinaire est une erreur.

  1. Examen du culot urinaire (méthode sèche ou colorée) : Cet examen microscopique permet de visualiser les globules blancs (pyurie) et les bactéries, ce qui constitue une forte suspicion d’ITU.
  2. Mise en culture de l’urine et antibiogramme : c’est l’étape la plus importante. La culture urinaire est le seul examen fiable pour confirmer la présence et l’identification des bactéries responsables de l’infection. Pour garantir la stérilité de l’échantillon et éviter les faux positifs dus à une contamination externe, l’urine doit être prélevée par cystocentèse (prélèvement direct dans la vessie à l’aide d’une aiguille), et non par simple sondage ou miction spontanée. L’antibiogramme est ensuite indispensable pour choisir l’antibiotique le plus efficace contre la souche bactérienne spécifique, minimisant ainsi le risque de résistance et assurant l’efficacité du traitement.

Transparence des résultats : vous avez le droit de demander à votre vétérinaire des précisions sur la réalisation et les modalités de ces tests, ainsi qu’une copie des résultats de laboratoire. Une culture positive est la confirmation indéniable d’une ITU.

Conséquences d’un diagnostic incomplet : administrer des antibiotiques sans confirmation bactériologique de l’ITU (via une culture et un antibiogramme) est une pratique risquée. De nombreux échecs de traitement des MBAUF s’expliquent par le fait que le chat ne souffrait pas d’une infection bactérienne, mais d’une autre affection comme la cystite idiopathique féline (CIF). Environ la moitié des MBAUF sont idiopathiques, c’est-à-dire sans cause connue, ce qui peut être frustrant mais nécessite une approche de gestion du stress et de l’environnement, plutôt que des antibiotiques. Pour approfondir les méthodes de diagnostic, vous pouvez consulter des informations complémentaires sur la santé féline, par exemple, le bilan de sante du chat comment ca se passe.

Exclure toutes les autres causes : pour poser un diagnostic de cystite idiopathique, le vétérinaire doit d’abord écarter toutes les autres causes connues de MBAUF : calculs urinaires, bouchons urétraux, tumeurs, infections bactériennes, fongiques ou parasitaires, et anomalies anatomiques. Ce processus d’élimination garantit que le traitement sera ciblé et approprié.

Résistance antibiotique alarmante : l’association amoxicilline-acide clavulanique (Synulox/Clavaseptin) atteint 49% des prescriptions chez chats/chiens en 2024 (+ depuis 2011), favorisant résistances. Privilégiez amoxicilline seule initialement (Amoxibactin). Durée : 7-14 jours.

Nouveaux traitements : antidouleurs, anti-inflammatoires, réhydratation systématique. Compléments : Cranberry (Uripac), Calmurofel pour inflammation ; Easypill (Confort Urinaire/Oxalate/Struvite)

En adoptant cette approche méthodique et informée, vous contribuez activement à la santé et au bien-être de votre chat, évitant des traitements inutiles et favorisant une prise en charge optimale de ses problèmes urinaires. La vigilance et une collaboration étroite avec votre professionnel de santé vétérinaire sont vos meilleurs atouts.

Infographie “infection du tractus urinaire chez le chat”

Infographie expliquant l’infection du tractus urinaire chez le chat, avec mythes, symptômes d’alerte et méthodes de diagnostic vétérinaire
Infection du tractus urinaire chez le chat : mythes et réalité.

FAQ sur les infections du tractus urinaire chez le chat

Mon chat a-t-il forcément une infection urinaire s’il a du mal à faire pipi ?

Non, c’est une idée reçue très répandue mais souvent fausse. Les véritables infections urinaires bactériennes (ITU) sont rares chez le chat en bonne santé et ne représentant que 2 à 3 % des cas de maladies du bas appareil urinaire.
La majorité des troubles sont dus à une cystite idiopathique (liée au stress) ou à des calculs, sans présence de bactéries

Pourquoi mon chat fait-il pipi partout sauf dans sa litière ? Est-ce comportemental ?

La malpropreté urinaire est d’abord un signal d’alerte médicale avant d’être “psychologique”. Votre chat peut associer sa litière à la douleur ressentie lors de la miction. Il est impératif de consulter un vétérinaire pour écarter une cause physique (calculs, inflammation) avant d’envisager un trouble comportemental.

Mon chat a du sang dans les urines, est-ce grave ?

La présence de sang (hématurie) indique une inflammation ou une irritation sévère de la paroi vésicale, causée par des calculs, une tumeur ou une cystite idiopathique.
Bien que ce soit un symptôme classique des troubles urinaires (MBAUF), cela nécessite une investigation rapide pour en trouver la cause précise.

La bandelette urinaire suffit-elle pour diagnostiquer une infection du tractus urinaire ?

Non, se fier uniquement à une bandelette est une erreur diagnostique fréquente. Chez le chat, les bandelettes donnent souvent de “faux positifs” pour les globules blancs (leucocytes), suggérant à tort une infection là où il n’y en a pas

Quels chats sont réellement à risque de faire de vraies infections bactériennes ?

Contrairement aux jeunes chats, les chats séniors (plus de 10 ans) sont très exposés : jusqu’à 50 % de leurs troubles urinaires sont de vraies infections.
Les chats diabétiques ou souffrant d’insuffisance rénale chronique sont également des populations à haut risque.

Peut-on donner des antibiotiques “au cas où” pour soulager le chat lors de problèmes urinaires?

C’est une pratique dangereuse et déconseillée par les guidelines vétérinaires de 2026.
Les antibiotiques ne soignent pas l’inflammation stérile (comme la cystite liée au stress) et leur usage abusif favorise l’apparition de bactéries résistantes, rendant les futures infections très difficiles à soigner.

Article revu le 16 janvier 2026

5 commentaires

  1. Un de mes amis avait une chatte qui n'urinait plus depuis de nombreux jours, ne mangeait pas et ne buvait pas, temperature élevée. Je l'ai soignée avec l'homéopathie le matin, et dans l'après-midi la fièvre est tombée, elle a uriné. Le lendemain elle était guérie.

  2. Suite a une présence de sang dans les urines, mon vétérinaire a traité mon chat et prescrit des croquettes Hills S/d "urinary dissolution". Je veux bien soigner mon chat, mais au prix de ces croquettes cela ne pourra pas durer très longtemps. Existe t'il une autre marque de croquettes ayant le même effet mais qui ne me ruinerait pas (50€ en moyenne les 5 kg, il mange plus riche que nous…. lollllll)

  3. Pour la nourriture médicalisé j'utilise les sites internet et je prends des gros sacs. J'ai un chat sous Urinary à vie, avec 2 autres chats présent à la maison qui eux mangent un peu de croquettes haut gamme et après des croquettes urinary je fais venir des sacs de 9kg, ca me mets le kg à 7.34 Euros et les sachets je les prends par 48 sachets J'ai fait un compératif au kg et je regarde de commander assez pour pas avoir de frais de livraisons.

  4. bonjour, où avez vous trouvé ces traitement homéopathique ? mon chat a le même problème, il n'urine plus car ne boit plus, mange très peu, le vétérinaire lui a prescrit des anti inflammatoire qui abime ses reins, j'aimerai essayer l'homéopathie aussi!

  5. mon chat a fait une obstruction. Le vétérinaire lui a posé une sonde jeudi et l'a mis sous perfusion jusqu'au vendredi où je suis allée le récupérer toujours avec sa sonde. Celle-ci ne lui sera retirée que lundi. Je lui donne Urinary high dilution, il mange mais il vomit presque tout et il a la diarrhée. Il se met aussi dans sa litière et pousse comme pour faire pipi, fatalement il a queques gouttes d'urines avec du sang puisqu'il y a toujours la sonde. Je crains qu'il n'y ait encore une obstruction… Et que lundi il ne soit déjà trop tard pour lui.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.