Le dentiste équin s’occupe de la dentition des chevaux, poneys et ânes. Mais en France, ce terme courant peut désigner deux professionnels qui n’ont pas exactement les mêmes compétences : le vétérinaire pratiquant la dentisterie équine et le technicien dentaire équin, ou TDE.
Cette différence est loin d’être théorique. Un technicien dentaire équin qualifié peut effectuer certains soins courants, notamment éliminer les pointes d’émail et extraire certaines dents particulières. En revanche, ses actes sont strictement délimités par la réglementation. Il ne peut notamment pas administrer lui-même un sédatif ni réaliser une anesthésie locale. Certaines maladies dentaires, extractions ou interventions complexes nécessitent donc un vétérinaire.
Qu’est-ce qu’un dentiste équin ?
Dans le langage courant, le dentiste équin est le professionnel qui examine et entretient la dentition du cheval.
La dénomination réglementaire utilisée pour le professionnel non vétérinaire est cependant technicien dentaire équin, généralement abrégée TDE.
En France, le Code rural autorise en effet certains techniciens dentaires possédant les compétences requises à intervenir sur les équidés pour des actes précis. Ils doivent exercer dans les conditions prévues par l’article L.243-3 et les textes réglementaires qui le complètent.
Le vétérinaire, de son côté, peut intervenir dans le cadre de la médecine et de la chirurgie vétérinaires. Il est notamment indispensable lorsque la situation nécessite un diagnostic médical, certains examens complémentaires, une prescription, une sédation, une anesthésie ou un traitement chirurgical dépassant les actes autorisés au TDE.
On ne doit donc pas opposer systématiquement le technicien dentaire équin et le vétérinaire. Les deux professions peuvent être complémentaires, à condition que chacun reste dans son champ de compétences.
Pourquoi les dents du cheval nécessitent-elles un suivi ?
La dentition du cheval est adaptée à la consommation et au broyage prolongé de végétaux fibreux.
Les prémolaires et molaires du cheval sont des dents à couronne haute, appelées dents hypsodontes. Une importante partie de la dent est initialement située dans l’alvéole et émerge progressivement au fur et à mesure de l’usure de la couronne exposée.
L’usure dépend notamment de la mastication et du contact entre les arcades dentaires.
Contrairement à une idée parfois répétée, les dents du cheval ne « poussent » pas indéfiniment comme celles d’un rongeur. Elles disposent d’une réserve coronaire importante qui fait progressivement éruption pendant une grande partie de la vie du cheval.
Cette anatomie particulière explique pourquoi une usure irrégulière peut créer des zones excessivement saillantes.
Parmi les anomalies couramment rencontrées figurent les pointes d’émail, souvent appelées dans le langage courant « surdents ». Elles peuvent devenir gênantes lorsqu’elles blessent les tissus mous ou perturbent la mastication.
D’autres problèmes sont possibles :
- dents de lait persistantes ;
- dents de loup gênantes ;
- usure irrégulière ;
- maladie parodontale ;
- dent fracturée ;
- infection dentaire ;
- espaces anormaux entre les dents ;
- dents mobiles chez le cheval âgé ;
- anomalies d’éruption ;
- malocclusions.
Les maladies dentaires peuvent affecter la prise alimentaire, l’état corporel et le confort du cheval. C’est pourquoi les soins bucco-dentaires font partie de la prévention sanitaire de l’équidé.
Comment reconnaître un problème dentaire chez un cheval ?
Une difficulté est que certains chevaux présentant des lésions dentaires montrent peu de symptômes évidents.
Il est donc utile de connaître les principaux signes d’alerte.
Des aliments tombent de sa bouche
Le cheval peut laisser échapper du foin ou des aliments pendant qu’il mâche.
Il peut également fabriquer des boulettes de fibres partiellement mâchées qu’il recrache. Ce phénomène est parfois appelé quidding dans la littérature anglophone.
Le cheval mange plus lentement
Un cheval qui met soudain beaucoup plus de temps à terminer son repas mérite d’être examiné.
Il peut également interrompre régulièrement sa mastication.
Perte de poids ou mauvais état corporel
Une mauvaise mastication réduit parfois l’efficacité de l’alimentation.
Chez un cheval âgé notamment, une perte d’état inexpliquée justifie de contrôler la bouche, même si les dents ne constituent évidemment pas la seule cause possible.
Aliments mal broyés dans les crottins
Des particules alimentaires anormalement longues ou des grains insuffisamment mastiqués peuvent orienter vers une mauvaise efficacité de mastication.
Mauvaise haleine
Une odeur buccale anormale et persistante peut accompagner certaines maladies dentaires ou parodontales.
Salivation anormale
Une salivation excessive, surtout si elle s’accompagne de difficultés à manger, mérite une investigation.
Défenses au mors ou mouvements anormaux de la tête
Un cheval auparavant confortable peut devenir réticent au mors, secouer la tête ou résister davantage.
Attention néanmoins : tous les problèmes de comportement monté ne sont pas dentaires. Dos, appareil locomoteur, matériel, entraînement et nombreuses autres causes doivent parfois être envisagés.
Gonflement ou écoulement nasal
Un gonflement de la face ou de la mandibule, une mauvaise odeur importante ou un écoulement nasal, notamment unilatéral, peuvent accompagner certaines affections dentaires.
Ces signes justifient davantage qu’un simple entretien dentaire : un examen vétérinaire est indiqué.
L’AAEP et le Merck Veterinary Manual mentionnent notamment difficultés de mastication, perte d’état, aliments tombant de la bouche, salivation, mauvaise haleine, écoulement nasal et gonflements parmi les signes pouvant accompagner une affection dentaire.
Que peut faire légalement un technicien dentaire équin ?
Le cadre est beaucoup plus précis que ne le laisse penser le terme générique « dentiste ».
L’article L.243-3 du Code rural prévoit l’intervention de techniciens dentaires possédant des compétences adaptées sur les équidés pour des actes définis réglementairement.
L’article 3 de l’arrêté du 5 octobre 2011 autorise précisément :
- l’élimination des pointes d’émail et des aspérités des tables dentaires ;
- l’extraction des dents de lait ;
- l’extraction des dents de loup.
C’est un point essentiel à comprendre.
Un TDE n’est donc pas autorisé à pratiquer sans limite tout ce que le grand public pourrait inclure sous l’expression « soins dentaires ».
Son champ d’action reste celui défini par les textes.
Qu’est-ce qu’une dent de loup ?

La « dent de loup » est généralement une petite première prémolaire vestigiale.
Toutes les dents de loup ne sont pas automatiquement problématiques.
Leur importance dépend notamment de leur position et du contexte du cheval.
Chez certains chevaux montés, une dent de loup peut entrer en relation avec le mors ou être associée à une gêne. La décision d’extraction doit donc être fondée sur l’examen du cheval et non sur le seul fait que la dent existe.
L’extraction des dents de loup fait partie des actes explicitement autorisés au technicien dentaire équin qualifié en France.
Si une sédation ou une anesthésie est nécessaire, l’intervention du vétérinaire doit toutefois être organisée.
Un TDE peut-il extraire une dent ?
Oui, mais seulement certaines dents dans le cadre prévu par la réglementation.
C’est une correction importante par rapport à de nombreuses informations anciennes disponibles sur Internet.
Le TDE peut pratiquer l’extraction :
- d’une dent de lait ;
- d’une dent de loup.
En revanche, cela ne signifie absolument pas qu’un technicien puisse retirer librement une molaire ou une prémolaire permanente malade, fracturée ou infectée.
Une extraction complexe et les actes chirurgicaux qui dépassent la liste réglementaire relèvent de la prise en charge vétérinaire.
Le dentiste équin peut-il sédater le cheval ?
Pour un technicien dentaire équin non vétérinaire, la réponse est non.
L’administration d’un sédatif et la réalisation d’une anesthésie locale relèvent du vétérinaire.
Le référentiel réglementaire impose d’ailleurs au TDE de savoir déterminer si l’intervention peut être effectuée avec ou sans la présence d’un vétérinaire, notamment lorsqu’une sédation ou une anesthésie locale est nécessaire.
Cette limite est importante pour la sécurité.
Un cheval peut réagir à la contention ou à la manipulation de sa bouche. Dans certaines situations, obtenir un examen suffisamment complet et pratiquer un soin dans de bonnes conditions nécessite une sédation.
Le fait qu’une sédation soit souhaitable ne signifie pas que le TDE devient incompétent : cela signifie simplement qu’il faut organiser la collaboration avec le vétérinaire.
TDE ou vétérinaire : qui peut faire quoi ?
| Acte ou situation | TDE qualifié | Vétérinaire |
| Évaluer la dentition dans son champ de compétence | Oui | Oui |
| Éliminer les pointes d’émail autorisées | Oui | Oui |
| Extraire une dent de lait | Oui | Oui |
| Extraire une dent de loup | Oui | Oui |
| Administrer un sédatif | Non | Oui |
| Réaliser une anesthésie locale | Non | Oui |
| Prescrire un médicament | Non | Oui |
| Diagnostiquer et traiter une maladie dentaire complexe | Non | Oui |
| Pratiquer une extraction permanente complexe | Non | Oui |
| Réaliser une chirurgie buccale | Non | Oui |
| Prendre en charge une infection dentaire | Doit référer | Oui |
| Effectuer des examens médicaux complémentaires nécessaires au diagnostic | Non | Oui |
Cette séparation découle du Code rural, de l’arrêté du 5 octobre 2011 et du référentiel de compétences des TDE.

Quand faut-il appeler directement un vétérinaire ?
Le technicien dentaire équin est adapté aux actes qui entrent dans son champ réglementaire.
En revanche, il est préférable de s’adresser directement à un vétérinaire lorsque le cheval présente notamment :
- douleur importante ;
- difficulté marquée ou brutale à s’alimenter ;
- dent cassée ;
- saignement important ;
- gonflement de la face ou de la mandibule ;
- suspicion d’abcès ;
- écoulement nasal anormal ;
- mauvaise haleine très marquée associée à d’autres symptômes
- perte de poids inexpliquée importante ;
- traumatisme de la mâchoire ;
- besoin probable d’imagerie ;
- extraction complexe ;
- besoin de sédation ou d’anesthésie.
Le TDE lui-même doit savoir reconnaître les situations qui nécessitent l’intervention d’un vétérinaire. Cette capacité fait partie des compétences réglementaires attendues.
Référer un cheval n’est donc pas un signe d’incompétence.
Au contraire, savoir où s’arrête son champ d’intervention fait partie du professionnalisme.
Comment le métier de dentiste équin est-il devenu légalement reconnu ?
L’histoire réglementaire est intéressante, notamment parce que les règles ont considérablement évolué depuis le début des années 2010.
Janvier 2011 : redéfinition de l’acte vétérinaire
L’ordonnance n° 2011-78 du 20 janvier 2011 a redéfini les actes relevant de la médecine et de la chirurgie animales ainsi que le cadre de l’exercice illégal.
C’est ce texte qui était au centre des discussions professionnelles lorsque la première version de cet article a été publiée en avril 2011.
Juillet 2011 : reconnaissance des techniciens dentaires
Le changement décisif intervient quelques mois plus tard.
L’ordonnance n° 2011-862 du 22 juillet 2011 ajoute au Code rural la possibilité pour les techniciens dentaires possédant des compétences adaptées d’intervenir sur les équidés pour certains actes, sous réserve de convenir avec un vétérinaire des conditions de leur intervention.
Octobre 2011 : définition des actes
L’arrêté du 5 octobre 2011 fixe ensuite précisément les actes autorisés :
- pointes d’émail et aspérités ;
- dents de lait ;
- dents de loup.
2016 : définition des compétences
Le décret du 12 octobre 2016 et l’arrêté pris le même jour ont structuré plus précisément les compétences nécessaires.
Le technicien doit notamment connaître :
- l’anatomie de la tête et de la cavité buccale ;
- la physiologie dentaire du cheval ;
- les principales affections dentaires ;
- l’hygiène ;
- le comportement équin ;
- les techniques de contention ;
- les limites de son intervention.
Il doit également savoir reconnaître les affections nécessitant un vétérinaire.
2026 : le cadre existe toujours
Contrairement à ce que pouvait laisser penser la situation incertaine de 2011, les techniciens dentaires équins font toujours explicitement partie du Code rural.
L’article D.243-5 a même été modifié récemment par le décret n° 2026-672 du 27 juillet 2026. Sa version actuellement en vigueur depuis le 29 juillet 2026 maintient notamment les exigences portant sur l’évaluation de la dentition, les connaissances anatomiques, le comportement, la contention et la formation professionnelle continue.
Quelle formation faut-il pour devenir technicien dentaire équin ?
Le métier est réglementé.
La certification professionnelle actuelle « Technicien dentaire équin » porte le numéro RNCP40238.
Elle est classée au niveau 4 et son enregistrement court actuellement jusqu’au 28 février 2028. Les certificateurs recensés par France Compétences sont la Fédération française des techniciens dentaires équins et le Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral.
Le référentiel comprend notamment :
- analyse bucco-dentaire ;
- anatomie et physiologie ;
- soins autorisés ;
- contention ;
- règles d’hygiène et de sécurité ;
- communication avec le propriétaire ;
- suivi après intervention ;
- gestion de l’activité professionnelle.
La fiche France Compétences rappelle elle-même que les actes autorisés au TDE sont strictement encadrés par l’arrêté du 5 octobre 2011.
Il existe par ailleurs des modalités particulières pour la reconnaissance de professionnels issus d’autres États de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen. Le Code rural prévoit cette possibilité sous certaines conditions.
Quel est le rôle de l’Ordre des vétérinaires ?
L’ancien article parlait d’un métier « mieux protégé par l’Ordre ».
Le vocabulaire est aujourd’hui à revoir.
Le métier n’est pas simplement « protégé » par l’Ordre : il est encadré par la loi et la réglementation, auxquelles s’ajoute un dispositif de conventionnement.
Le Conseil national de l’Ordre des vétérinaires et la FFTDE ont signé une convention-cadre. L’Ordre précise qu’une convention particulière doit être signée par chaque technicien concerné avec le président du CNOV pour prétendre exercer légalement les actes autorisés dans ce dispositif.
Le dispositif comporte également des vétérinaires référents.
En juin 2026, l’Ordre publiait encore la liste de cinq vétérinaires référents répartis selon différentes zones françaises pour les TDE ayant conventionné avec le CNOV.
C’est une information très concrète pour le propriétaire : un TDE sérieux doit pouvoir expliquer clairement son statut, sa qualification et son cadre d’exercice.
Comment se déroule un examen dentaire du cheval ?
Un bon rendez-vous de dentisterie ne devrait pas commencer par l’utilisation immédiate d’une râpe.
On examine avant de corriger.
Le professionnel prend d’abord connaissance de l’historique du cheval :
- âge ;
- alimentation ;
- utilisation ;
- antécédents dentaires ;
- difficultés de mastication ;
- éventuelle perte de poids ;
- problèmes avec le mors ;
- dernières interventions.
L’examen de la tête et de la cavité buccale permet ensuite de rechercher les principales anomalies.
Pour examiner correctement les prémolaires et les molaires situées au fond de la bouche, un spéculum buccal, communément appelé pas-d’âne, peut être utilisé avec un éclairage adapté.
Lorsque la coopération du cheval ne permet pas un examen suffisamment sûr ou complet, une sédation peut être nécessaire. Elle relève alors du vétérinaire.
Un examen dentaire méthodique doit précéder les corrections nécessaires. L’AAEP considère d’ailleurs l’examen visuel complet de la bouche comme la base d’une prise en charge dentaire appropriée.
Après le soin, le propriétaire devrait connaître :
- les anomalies observées ;
- les actes réalisés ;
- les problèmes à surveiller ;
- le délai conseillé avant un nouveau contrôle ;
- et l’éventuelle nécessité de consulter un vétérinaire.
Faut-il faire râper les dents de son cheval tous les ans ?
C’est probablement l’une des questions les plus importantes pour les propriétaires.
La réponse est :
un contrôle régulier est utile, mais contrôle annuel ne signifie pas automatiquement râpage annuel.
Un acte correcteur doit être justifié par ce qui est observé dans la bouche.
L’AAEP utilise comme repère un examen dentaire approfondi au moins annuel pour les chevaux adultes matures et recommande une surveillance plus rapprochée entre 2 et 5 ans, période de changements dentaires importants.
Ces fréquences constituent des repères et non une règle rigide applicable à chaque cheval.
La fréquence dépend notamment de :
- l’âge ;
- l’état de la dentition ;
- les anomalies déjà connues ;
- l’alimentation ;
- les symptômes ;
- les interventions antérieures.
Un cheval présentant une affection particulière peut nécessiter un suivi beaucoup plus rapproché.
Pourquoi surveiller davantage les jeunes chevaux ?
Entre environ 2 et 5 ans, la bouche évolue rapidement.
Les dents définitives remplacent progressivement les dents déciduales et différentes anomalies peuvent devenir visibles pendant cette période.
La présence de coiffes déciduales persistantes ou de dents de loup peut également devenir pertinente selon le cheval.
C’est pourquoi l’intervalle entre les examens est souvent plus court chez les jeunes chevaux que chez un adulte dont la bouche est stable.
Cette surveillance est particulièrement intéressante lorsqu’un jeune cheval commence son apprentissage avec un mors : une défense nouvelle ne doit pas être automatiquement attribuée au caractère ou à l’éducation sans avoir envisagé une éventuelle gêne buccale.
Et chez le cheval âgé ?
À l’autre extrémité de la vie, les chevaux seniors présentent leurs propres difficultés.
La réserve coronaire diminue progressivement. Certaines dents peuvent devenir mobiles ou manquer. Des diastèmes et des maladies parodontales peuvent compliquer la mastication.
Un vieux cheval peut donc avoir besoin d’un suivi dentaire adapté à sa situation mais aussi d’une adaptation de son alimentation lorsque sa capacité à broyer les fibres diminue.
Une perte de poids chez un senior mérite toujours une approche globale.
Les dents sont une cause possible, mais il ne faut pas négliger les maladies digestives, métaboliques, parasitaires ou autres causes de baisse d’état corporel.
Comment choisir un bon dentiste équin ?
Quelques vérifications simples permettent d’éviter de confier son cheval à n’importe qui.
Vérifiez sa qualification
Le professionnel doit pouvoir expliquer clairement sa formation et le titre sous lequel il exerce.
Demandez son statut
Pour un TDE exerçant en France, renseignez-vous sur son conventionnement et son cadre d’exercice.
Vérifiez qu’il est assuré
L’INPI indique que le dentiste équin est soumis à une obligation d’assurance de responsabilité professionnelle.
Observez sa façon de travailler
Un professionnel sérieux doit accorder de l’importance :
- au comportement du cheval ;
- à la contention ;
- à l’hygiène ;
- à la sécurité ;
- au bien-être de l’animal.
Il doit savoir dire « ce cas n’est pas pour moi »
C’est probablement l’un des meilleurs critères.
Le TDE doit référer lorsqu’un diagnostic ou un traitement médical est nécessaire, lorsque les symptômes persistent ou s’aggravent, lorsqu’ils excèdent son champ de compétence ou lorsqu’une douleur apparaît pendant ou après l’intervention.
Un professionnel qui veut tout faire lui-même n’est donc pas nécessairement le meilleur.
Quelle responsabilité pour le dentiste équin ?
Une intervention sur la bouche d’un cheval n’est jamais totalement anodine.
Le professionnel manipule un animal puissant dont les réactions peuvent parfois être brutales.
L’IFCE rappelle que la responsabilité civile contractuelle du dentiste équin peut être engagée lorsqu’un dommage survient et que sont démontrés un préjudice, une faute et un lien de causalité entre les deux.
Cela explique l’importance accordée par les textes :
- aux techniques de contention ;
- au comportement équin ;
- à la sécurité ;
- au respect du bien-être animal.
Questions fréquentes sur le dentiste équin
Un dentiste équin est-il forcément vétérinaire ?
Non.
En France, le terme courant « dentiste équin » peut désigner un vétérinaire pratiquant la dentisterie équine ou un technicien dentaire équin.
Le technicien exerce cependant dans un champ d’actes réglementairement limité.
Un TDE peut-il utiliser un tranquillisant ?
Non.
L’administration d’un sédatif et l’anesthésie locale relèvent du vétérinaire. Lorsque le cheval doit être sédaté, l’intervention doit donc être organisée avec un vétérinaire.
Peut-il extraire une dent de loup ?
Oui.
L’extraction des dents de loup et des dents de lait figure expressément parmi les actes autorisés aux techniciens concernés.
Peut-il enlever une molaire malade ?
Pas dans le cadre des actes autorisés au TDE par l’arrêté du 5 octobre 2011.
Une extraction complexe ou liée à une maladie dentaire relève de la prise en charge vétérinaire.
À quelle fréquence faut-il faire contrôler les dents ?
Pour un cheval adulte sans problème particulier, un contrôle annuel constitue un repère raisonnable.
L’intervalle doit néanmoins être individualisé. Les chevaux jeunes, âgés ou présentant des anomalies peuvent nécessiter une surveillance plus rapprochée. L’AAEP recommande notamment deux examens annuels pour les chevaux âgés de 2 à 5 ans.
Pourquoi mon cheval perd-il des boulettes de foin en mangeant ?
Des fibres partiellement mâchées tombant de la bouche peuvent traduire une mastication inefficace ou douloureuse.
Une anomalie dentaire est l’une des causes possibles et justifie un examen.
Mon cheval n’a aucun symptôme : faut-il quand même contrôler ses dents ?
Oui, périodiquement.
Certains chevaux s’adaptent longtemps à un inconfort dentaire et présentent peu de signes visibles. Les examens préventifs permettent de repérer certaines anomalies avant qu’elles ne provoquent des symptômes importants.
Ce qu’il faut retenir
Le métier de dentiste équin a énormément évolué depuis le début des années 2010.
En France, un technicien dentaire équin qualifié peut légalement effectuer certains soins : élimination des pointes d’émail et des aspérités des tables dentaires, extraction des dents de lait et des dents de loup.
Ses compétences ne sont cependant pas celles d’un vétérinaire.
Une sédation, une anesthésie, une affection complexe, une infection, une extraction hors de son champ d’intervention ou une chirurgie nécessitent l’intervention du vétérinaire.
Pour le propriétaire, l’objectif n’est donc pas de choisir systématiquement « le dentiste » contre « le vétérinaire ».
Le bon choix consiste à faire intervenir le professionnel adapté au problème rencontré, avec une collaboration entre TDE et vétérinaire lorsque la situation l’exige.
Et surtout, le suivi dentaire ne devrait jamais se résumer à faire « râper les dents » à intervalles fixes : l’examen doit toujours précéder le traitement.
voir l’article sur le maréchal-ferrant
10. Sources principales
- Code rural, article L.243-3 : base légale autorisant certains actes aux TDE.
- Arrêté du 5 octobre 2011 : liste exacte des actes autorisés.
- Article D.243-5, version en vigueur depuis le 29 juillet 2026 : compétences des TDE.
- Arrêté du 12 octobre 2016 : connaissances, limites et nécessité de recours au vétérinaire.
- Ordre national des vétérinaires : conventionnement et référents TDE.
- France Compétences RNCP40238 : certification professionnelle actuelle.
- INPI : définition de l’activité, limites et assurance.
- IFCE/Équipédia : métier et responsabilité civile.
- Merck Veterinary Manual : pathologie et signes dentaires.
- AAEP : examen dentaire, symptômes et prévention.


Vous en doutez, moi aussi… mieux, je l’espère. Je ne vois vraiment pas pourquoi on se priverait ainsi de praticiens compétents. Certes, il y en a de mauvais, mais c’est le cas dans toutes les professions, qu’elles soient ou non sanctionnées par un diplôme. Je pense personnellement que les vétérinaires livrent là un combat qui ne leur est pas favorable tant il a des relents de corporatisme. Il vaudrait mieux, à mon sens, développer des spécialités où les vétérinaires excellent comme la chirurgie par exemple.
Merci pour votre blog, vraiment très intéressant, et bonne journée.
Cordialement
Cat
Bonjour/Bonsoir,
Votre article est intéressant, mais peu abordable pour des jeunes comme moi. Je suis en Terminale, et j’ai quelque peine à comprendre votre article. Il me faut réfléchir à un métier, afin d’inscrire mon orientation, mais je n’ai absolument aucune idée de ce que je veux faire. Toutefois, je sais que je veux être avec les chevaux (pas les élever, car j’ai de très mauvais souvenir d’éleveurs, ni de marchandage équin), et (il ne faut pas se le cacher) bien gagner sa vie.
Seulement, à la vue de cet article, je me demande si en étant dentiste équin, ma profession ne serait limité qu’a des rabotage de dent ? Étant une profession libérale à la grande majorité, pour pouvoir intervenir correctement, aurai-je besoin d’un vétérinaire, toujours à mes cotés ? Ou, si intervention il y a, je devrai la recommander à un vétérinaire, me passant de la consultation et de l’acte ? Serait-je limités dans mes actions ?
Mais la question la plus importante, serai tde savoir si je dois m’orienter vers une autre voie…
Je dis cela, car j’ai lu ceci :
« Il résulte, tant de l’instruction que des débats que l’activité de dentiste équin consiste, non pas à soigner des pathologies mais à entretenir la dentition des chevaux par le nivellement de ses dents et l’enlèvement d’éventuelles surdents ou dents de loups.
Ces actes qui entrent dans la catégorie des actes de soins, d’hygiène et de confort courant, comme ceux pratiqués par les maréchaux-ferrant dans le cadre des opérations habituelles de parages de pied, ne sont pas des actes de nature médicale relevant du monopole vétérinaire. »
Tribunal de Grande Instance de Caen, 21/08/2009
Bonjour , il semblerait que le statut de ” dentiste équin” risque d’être mieux défini et que les limites dans le s actes seront également plus clair .Car il est vrai que certains actes pratiqués pouvaient prêter à confusion . A partir du moment , où une anesthésie/tranquilisation est demandée , cet acte ne peut être effectué que par un Docteur Vétérinaire . Maintenant si vous êtes motivée , c’est un excellent choix de carrière car elle peut vous ouvrir aussi à d’autre opportunités .