La leishmaniose du chien est une maladie parasitaire grave, potentiellement mortelle et transmissible à l’homme, causée par le parasite Leishmania infantum. Elle se transmet principalement par la piqûre d’un petit insecte appelé phlébotome, actif surtout à la tombée de la nuit dans les zones tempérées et chaudes.
Points clés à retenir
Qu’est-ce que la leishmaniose du chien ?
La leishmaniose du chien est une maladie parasitaire systémique et chronique, causée par un protozoaire microscopique : Leishmania infantum. Elle figure parmi les maladies infectieuses les plus préoccupantes en médecine vétérinaire européenne, et représente simultanément un enjeu de santé publique en tant que zoonose ,c’est-à-dire une maladie transmissible à l’homme.
En 2026, la maladie touche entre 1 et 10 chiens sur 1 000 sur l’ensemble du territoire national français. Longtemps cantonnée au pourtour méditerranéen, elle gagne chaque année du terrain vers le nord, avec des cas autochtones désormais recensés en Pays de la Loire, Centre-Val de Loire et Bretagne.
Comment se transmet la leishmaniose du chien ?
Leishmania infantum ne se transmet pas par contact direct entre chiens (ni par la salive, ni par la morsure). Elle nécessite impérativement l’intervention d’un insecte vecteur : le phlébotome (Phlebotomus perniciosus en Europe occidentale).
Le cycle de transmission fonctionne ainsi :
- Un phlébotome femelle pique un chien infecté pour se nourrir de sang et ingère le parasite.
- Le parasite se multiplie dans l’intestin de l’insecte pendant 4 à 7 jours.
- Lors d’une piqûre suivante sur un chien sain, les parasites infectieux sont déposés dans le derme. Une petite lésion locale — le chancre cutané — apparaît au site de piqûre (souvent sur le chanfrein ou les oreilles).
Ce qu’il faut savoir sur le phlébotome :
- Très petit insecte (2 à 3 mm), silencieux, ailes velues portées en V — difficile à repérer.
- Actif de mai à octobre, principalement au crépuscule et la nuit, lorsque la température dépasse 15-18 °C.
- Un chien peut être piqué jusqu’à 100 fois par heure en saison.
- Habitats de prédilection : fissures de murs, tas de bois, jardins ombragés et humides.
- Les phlébotomes volent mal : un simple ventilateur peut les tenir à distance.
Pourquoi la maladie progresse-t-elle vers le Nord ?
Trois facteurs expliquent cette expansion géographique documentée :
- Le réchauffement climatique : des hivers plus doux permettent aux larves de phlébotomes de survivre dans des zones autrefois trop froides.
- La mobilité animale : adoptions de chiens venant de refuges du Sud (Espagne, Portugal, Grèce, Italie) qui introduisent le parasite dans de nouveaux territoires.
- L’urbanisation : la création de jardins irrigués et de micro-environnements périurbains favorables aux insectes.

Pour protéger efficacement votre compagnon contre ces vecteurs, l’utilisation de dispositifs spécifiques est requise. Vous pouvez consulter notre guide sur le Scalibor, le seul collier qui protège contre la leishmaniose pour comprendre comment faire barrière à ces insectes.
Les symptômes de la leishmaniose du chien : comment les repérer ?
Les signes cliniques de la leishmaniose du chien sont extrêmement variés, ce qui rend le diagnostic parfois complexe pour les propriétaires non avertis. La maladie peut affecter presque tous les organes, mais elle se manifeste le plus souvent par des problèmes cutanés et une dégradation de l’état général .
Note : la période d’incubation peut être très longue (jusqu’à deux ans), de ce fait les signes cliniques peuvent parfois prendre plusieurs mois voir années à se manifester.
Voici les symptômes les plus fréquents classés par catégorie :
Signes généraux et comportementaux
- Fièvre intermittente : des pics de température inexpliqués qui vont et viennent.
- Perte de poids progressive : malgré un appétit qui peut rester normal au début.
- Léthargie et fatigue inhabituelle : votre chien semble “vieillir” prématurément, il rechigne à la promenade.
Signes cutanés (les plus caractéristiques)
- L’alopécie “en lunettes” : Une perte de poils circulaire autour des yeux.
- Squames et croûtes : La peau devient sèche, pelliculeuse, particulièrement sur la tête et les membres.
- Ulcères cutanés : Des plaies qui ne cicatrisent pas, notamment aux points de pression (coudes) ou au bord des oreilles.
- Onychogryphose : Une croissance anormale et très rapide des griffes, qui deviennent longues et cassantes.
Complications internes
- Augmentation de la taille des ganglions : facilement palpables sous la gorge ou derrière les genoux.
- Insuffisance rénale : le chien boit plus et urine davantage (polyuro-polydipsie). c’est la cause majeure de décès liée à la maladie.
- Saignements de nez (épistaxis) : souvent unilatéraux et récurrents.
- Uvéite : atteinte oculaire possible.
Le saviez-vous ? Un grand nombre de chiens sont “porteurs sains” ou asymptomatiques. Ils hébergent le parasite sans montrer de signes extérieurs pendant des années, mais peuvent tout de même transmettre le parasite aux phlébotomes locaux.C’est pourquoi un dépistage annuel est recommandé dans les zones à risque, même chez un animal en apparente bonne santé.
Races plus exposées
Certaines races semblent présenter une susceptibilité accrue : le Boxer, le Dobermann, le Rottweiler et les chiens à poils ras. À l’inverse, le Podenco Ibicenco et certaines races endémiques méditerranéennes développent une résistance naturelle liée à une réponse immunitaire cellulaire plus efficace. Cette différence de susceptibilité est documentée dans la littérature scientifique, même si les mécanismes ne sont pas encore entièrement élucidés.
Infographie leishmaniose du chien

Les stades cliniques de la leishmaniose : la classification LeishVet
La classification internationale LeishVet, adoptée par la WSAVA (World Small Animal Veterinary Association), divise la leishmaniose canine en 4 stades selon la sévérité clinique, les paramètres biologiques et la charge parasitaire. Cette classification est celle que votre vétérinaire utilisera pour décider du traitement et vous donner un pronostic.
| Stade | Dénomination | Caractéristiques cliniques | Traitement recommandé | Pronostic |
|---|---|---|---|---|
| Stade I | Léger | Séropositif faible, signes cutanés mineurs ou absents, fonction rénale normale | Allopurinol seul possible ; discuté au cas par cas | Très bon |
| Stade II | Modéré | Signes généraux et cutanés nets (perte de poids, lymphadénopathie, lésions cutanées), sérologie positive | Glucantime + Allopurinol | Bon à réservé selon la réponse |
| Stade III | Sévère | Lésions d’organes (yeux, articulations), protéinurie légère à modérée (rapport UPC élevé) | Glucantime + Allopurinol + prise en charge néphroprotectrice | Réservé |
| Stade IV | Très sévère | Insuffisance rénale avancée (créatinine élevée, stade IRIS III-IV), syndrome néphrotique | Traitement symptomatique prioritaire ; Glucantime parfois contre-indiqué | Grave à très grave |
Note clinique importante : le classement dans un stade n’est pas figé. Un chien peut évoluer d’un stade I stable à un stade III si le suivi est insuffisant ou si un traitement immunosuppresseur est administré par ailleurs. C’est la raison pour laquelle des bilans réguliers sont indispensables.
Diagnostic et dépistage : quand consulter votre vétérinaire ?
Un diagnostic précoce change radicalement le pronostic. Le processus repose sur plusieurs examens complémentaires.
- Examen clinique : le vétérinaire recherche les signes visibles (état des ganglions, de la peau, des ongles).
- Sérologie (prise de sang) : détection des anticorps anti-Leishmania par méthodes IFAT (immunofluorescence indirecte) ou ELISA. Un titre élevé est hautement suggestif ; un titre faible peut indiquer une infection récente ou une forme subclinique.
- PCR (réaction en chaîne par polymérase) : technique plus sensible qui détecte directement l’ADN parasitaire dans le sang, la peau ou la moelle osseuse. Elle est particulièrement utile en cas de sérologie équivoque.
- Bilan biochimique complet : indispensable pour évaluer la fonction rénale (créatinine, urée) et hépatique, et calculer le rapport UPC (protéines/créatinine urinaire) — marqueur clé du stade rénal.
Comment interpréter un résultat sérologique ?
| Résultat | Interprétation | Conduite à tenir |
|---|---|---|
| Sérologie négative | Absence d’anticorps (infection peu probable) | Répéter si symptômes persistants ; dépistage annuel en zone endémique |
| Titre faible | Infection possible/récente ou porteur sain | PCR complémentaire, bilan rénal, réévaluation dans 3 mois |
| Titre élevé | Infection active probable | Bilan complet (stade LeishVet), mise en route du traitement |
Mon conseil: si votre chien revient de vacances dans une zone endémique (Sud de la France, Espagne, Portugal, Italie), effectuez un test de dépistage 3 à 6 mois après votre retour, même en l’absence de symptômes.La période d’incubation peut masquer une infection naissante.
Traitements disponibles : que peut-on faire pour un chien atteint ?
En 2026, la leishmaniose du chien ne se guérit pas totalement. L’objectif thérapeutique est d’obtenir une rémission clinique durable : disparition des symptômes et réduction drastique de la charge parasitaire. Avec un traitement bien conduit, de nombreux chiens mènent une vie normale pendant de nombreuses années.
Le protocole standard : Glucantime + Allopurinol
Le traitement de référence associe deux molécules complémentaires :
1. L’antimoniate de méglumine (Glucantime®)
- Mode d’action : antiparasitaire direct, tue une grande partie des parasites.
- Voie d’administration : injections sous-cutanées quotidiennes pendant 4 à 6 semaines.
- Coût estimé : entre 80 et 200 € pour une cure complète, variable selon le gabarit du chien.
- Effets secondaires à surveiller : anorexie, vomissements, diarrhée, élévation des enzymes hépatiques, néphrotoxicité (raison pour laquelle le Glucantime est contre-indiqué aux stades IV d’insuffisance rénale avancée). Un bilan rénal et hépatique doit être réalisé avant et pendant le traitement.
⚠️ Les injections de Glucantime peuvent être réalisées à domicile par le propriétaire après formation par le vétérinaire, mais ne doivent jamais être démarrées ni ajustées sans prescription médicale.
2. L’allopurinol
- Mode d’action : inhibe la multiplication des parasites (effet leishmaniostatique).
- Voie d’administration : voie orale, souvent prescrit à vie ou sur le long terme.
- Posologie habituelle : 10 à 20 mg/kg/jour.
- Coût estimé : 20 à 40 €/mois en traitement continu.
- Effet secondaire à surveiller : la xanthinurie — accumulation de xanthine dans l’urine pouvant former des calculs urinaires, en particulier chez certains individus. Un régime alimentaire pauvre en purines est recommandé pendant le traitement. Des contrôles urinaires périodiques sont conseillés.
Alternative : la miltefosine (Milteforan®)
La miltefosine (Milteforan®, Virbac) est une alternative thérapeutique de plus en plus utilisée, notamment lorsque le Glucantime est contre-indiqué (insuffisance rénale débutante, tolérance médiocre aux injections) :
- Administration orale (avantage logistique).
- Durée de traitement : 28 jours.
- Efficacité comparable au Glucantime dans les stades modérés.
- Effets secondaires possibles : troubles digestifs, vomissements.
- ⚠️ Tératogène : formellement contre-indiqué chez les chiennes gestantes ou susceptibles de l’être.
Suivi post-traitement : un engagement sur le long terme
Le traitement de la leishmaniose est un processus continu, pas une cure ponctuelle. Le tableau suivant résume le calendrier de suivi recommandé après rémission clinique :
| Période | Examens recommandés |
|---|---|
| 1 mois post-traitement | Bilan clinique, NFS, biochimie, sérologie |
| 3 mois | Biochimie rénale, rapport UPC, sérologie de contrôle |
| 6 mois | Bilan complet (biochimie, UPC, PCR si disponible) |
| 12 mois et au-delà | Bilan semestriel ou annuel selon le stade initial |
Les paramètres à surveiller en priorité : créatinine, urée, rapport UPC (objectif < 0,5 chez un chien stabilisé), et titres sérologiques (une augmentation des anticorps peut signaler une rechute avant l’apparition des signes cliniques)
Budget global annuel estimé (2026)
| Poste | Coût estimé |
|---|---|
| Cure de Glucantime initiale | 80 – 200 € |
| Allopurinol (traitement au long cours) | 240 – 480 €/an |
| Bilans sanguins et urinaires (x2-4/an) | 150 – 400 €/an |
| Consultations vétérinaires | 80 – 200 €/an |
| Total annuel approximatif | 550 – 1 280 €/an |
Ces fourchettes sont indicatives et varient selon la région, le gabarit du chien et la sévérité de la maladie. Un chien avec atteinte rénale avancée peut nécessiter des soins significativement plus coûteux.
En complément, une alimentation de haute qualité est cruciale pour soutenir l’organisme. Vous pouvez lire nos conseils sur l’alimentation pour un chien en bonne santé pour optimiser sa récupération.
Quel est le pronostic de la leishmaniose du chien ?
Le pronostic dépend avant tout de trois facteurs déterminants :
- Le stade au moment du diagnostic : un chien diagnostiqué au stade I ou II, avec des reins encore intacts, a d’excellentes chances de rémission prolongée. Un chien diagnostiqué au stade IV avec insuffisance rénale avancée a un pronostic sombre.
- La réponse individuelle au traitement : certains chiens obtiennent une rémission complète et stable ; d’autres rechutent malgré un traitement bien conduit.
- La rigueur du suivi : les rechutes non détectées à temps sont la principale cause d’aggravation progressive.
Avec un diagnostic précoce et une prise en charge rigoureuse, de nombreux chiens vivent 5 à 10 ans avec une excellente qualité de vie après le diagnostic. La rechute ne signifie pas systématiquement une aggravation irréversible : une adaptation du traitement permet souvent de rétablir la rémission.
La qualité de vie d’un chien bien traité est généralement bonne : appétit conservé, activité normale, douleur absente. La maladie n’est douloureuse en elle-même que dans certaines formes articulaires rares.
Prévention : la stratégie à trois verrous
La prévention est le seul moyen de garantir que votre compagnon n’aura jamais à subir cette maladie. Elle repose sur trois axes complémentaires.
Axe 1 : protection contre les phlébotomes (répulsifs)
Tous les antiparasitaires ne sont pas actifs contre les phlébotomes. Les produits efficaces appartiennent à la famille des pyréthrinoïdes de synthèse, principalement à base de perméthrine.
| Produit | Molécule(s) active(s) | Durée d’action vs phlébotomes | Laboratoire |
|---|---|---|---|
| Scalibor® (collier) | Deltaméthrine | 12 mois | MSD Santé Animale |
| Advantix® | Perméthrine + Imidaclopride | 2-3 semaines | Bayer/Elanco |
| Frontline Tri-Act® | Perméthrine + Fipronil | 3-4 semaines | Merial/Boehringer |
| Effitix® | Perméthrine + Fipronil | 4 semaines | Virbac |
| Vectra 3D® | Perméthrine + Dinotéfurane + Pyriproxyfène | 4 semaines | Ceva |
| Perfikan® | Perméthrine + Imidaclopride | 4 semaines | — |
| Synergix® | Perméthrine + Imidaclopride | 4 semaines | — |
| Pulvex® Spot | Perméthrine seule | 1 semaine | MSD |
⚠️ La perméthrine est hautement toxique pour les chats. Si vous avez un foyer mixte chien-chat, veillez à ne jamais appliquer ces produits sur votre chat et à éviter tout contact étroit entre un chien fraîchement traité et un félin.
Scalibor® vs spot-on : lequel choisir ?
- Le collier Scalibor® (deltaméthrine, AMM spécifique phlébotomes) est le plus adapté pour une résidence permanente en zone endémique : 12 mois de protection continue, sans risque d’oubli d’application.
- Les spot-on à base de perméthrine sont idéaux pour les séjours ponctuels dans le Sud ou en complément du collier chez les chiens très exposés.

Axe 2 : la vaccination
Deux vaccins contre la leishmaniose canine sont disponibles en Europe :
| Vaccin | Fabricant | Mécanisme | Protocole de primovaccination | Rappel |
|---|---|---|---|---|
| CaniLeish® | Virbac | Protéines excrétées-sécrétées de L. infantum | 3 injections à 3 semaines d’intervalle | Annuel |
| Letifend® | Leti Pharma | Protéine recombinante (LON-1) | 1 injection unique | Annuel |
Ce que la vaccination apporte et ses limites :
- Elle prépare le système immunitaire à reconnaître et combattre le parasite plus efficacement.
- Elle réduit significativement le risque de développer une forme sévère ou clinique de la maladie.
- Elle ne remplace pas les répulsifs : la vaccination n’empêche pas la piqûre du phlébotome.
- Aucun vaccin n’offre une protection à 100% — un chien vacciné peut s’infecter mais développera généralement une forme atténuée ou asymptomatique.
Mon conseil : pour les chiens résidant ou voyageant régulièrement dans des zones à risque, la stratégie optimale combine vaccination + collier Scalibor® ou spot-on à base de perméthrine. L’une sans l’autre est insuffisante.
Coût estimé de la vaccination : entre 80 et 150 € pour la primovaccination (selon le vaccin et la région), plus le rappel annuel (~50-80 €). Un coût à mettre en perspective avec le budget de traitement annuel d’un chien atteint
Axe 3 : mesures environnementales
- Évitez les sorties nocturnes de mai à octobre : rentrez votre chien avant le coucher du soleil, sortez-le après le lever du jour.
- Moustiquaires à mailles fines (< 1 mm) : les moustiquaires classiques ne suffisent pas — le phlébotome est très petit.
- Ventilateur : ces insectes volent mal ; un flux d’air continu suffit à les empêcher d’approcher.
- Élimination des gîtes larvaires : vérifiez les tas de bois, fissures de murs, jardins très ombragés et humides.
- En période de forte activité, limitez les sorties dans les zones boisées ou broussailleuses en soirée.
La leishmaniose est-elle dangereuse pour l’homme ?
Oui. Leishmania infantum est une zoonose : elle peut être transmise à l’homme. Cependant, votre chien ne peut pas vous contaminer directement — la transmission exige toujours un phlébotome infecté comme intermédiaire.
Les personnes les plus à risque :
- Les jeunes enfants (immunité immature)
- Les personnes âgées
- Les personnes immunodéprimées (VIH, chimiothérapie, traitement immunosuppresseur)
Formes humaines de la maladie :
- Leishmaniose cutanée : lésions cutanées locales (bouton d’Orient), généralement bénignes.
- Leishmaniose viscérale (kala-azar) : atteinte grave des organes internes (rate, foie, moelle osseuse), potentiellement mortelle si non traitée.
Protéger votre chien, c’est protéger votre famille. En réduisant la charge parasitaire dans votre environnement (en traitant les chiens avec des répulsifs), vous diminuez le réservoir de parasites accessible aux phlébotomes locaux, et donc le risque pour toute votre famille.
La leishmaniose du chien est une maladie sérieuse, chronique et potentiellement mortelle, mais elle est aussi largement maîtrisable lorsqu’elle est détectée et traitée à temps. En 2026, avec l’expansion géographique du phlébotome en France, aucun propriétaire de chien ne devrait ignorer cette pathologie, qu’il vive au bord de la Méditerranée ou dans les Pays de la Loire.
La clé réside dans une approche proactive : prévenir d’abord (répulsifs + vaccination), dépister régulièrement (surtout après un séjour en zone endémique), et agir tôt si un résultat positif est détecté. Un chien suivi correctement dès le stade I ou II a toutes les chances de rester votre compagnon pour de nombreuses années encore.
FAQ sur la leishmaniose du chien
En principe non, car le phlébotome est inactif en dessous de 15°C. Toutefois, avec le dérèglement climatique en 2026, les périodes d’activité s’allongent. Dans certaines zones du Sud, la protection est désormais recommandée presque toute l’année.
Un résultat positif chez un chien asymptomatique ne signifie pas qu’il faut agir dans l’urgence, mais il impose un bilan complet (biochimie rénale, rapport UPC, bilan sanguin, PCR). Selon les résultats, votre vétérinaire décidera de surveiller régulièrement (tous les 3-6 mois) ou d’initier un traitement préventif à l’allopurinol seul. Ne laissez pas cette situation sans suivi.
Oui, aucun vaccin n’est efficace à 100 %. Cependant, un chien vacciné a beaucoup plus de chances de développer une forme légère ou de rester asymptomatique s’il est infecté.
Avec un diagnostic précoce et un traitement rigoureux, de nombreux chiens vivent plusieurs années (parfois 5 à 10 ans) avec une excellente qualité de vie . Tout dépend de l’état des reins au moment de la découverte de la maladie.
Non, pas par contact direct. La transmission exige toujours un phlébotome infecté comme vecteur. Deux chiens dans le même foyer ne peuvent pas se contaminer mutuellement sans l’intervention de l’insecte.
Les deux vaccins ont démontré leur efficacité dans les études cliniques. CaniLeish® nécessite 3 injections initiales (immunisation plus progressive), Letifend® une seule injection de primovaccination (protocole plus pratique). Le choix dépend du profil du chien, de votre région et de la recommandation de votre vétérinaire. Ils peuvent chacun être combinés avec les répulsifs.
Les injections de Glucantime peuvent être légèrement inconfortables au point d’injection, mais sont généralement bien tolérées. La fatigue ressentie par l’animal est davantage due à la maladie elle-même qu’aux soins.
Pas systématiquement. Une rechute détectée à temps (lors d’un bilan de contrôle) peut souvent être traitée avec succès par un ajustement du traitement. C’est précisément la raison pour laquelle les bilans semestriels ou annuels sont indispensables, même chez un chien cliniquement stabilisé.
Oui, mais avec précaution. Un test de dépistage sérologique doit impérativement être réalisé avant ou au moment de l’adoption. Si le chien vient d’une zone très endémique (Espagne, Grèce, Portugal, Maroc), un contrôle 3 à 6 mois après l’arrivée est également recommandé, même si le premier test est négatif.
Il n’existe pas de restriction légale au voyage d’un chien atteint de leishmaniose en France. Cependant, du point de vue de la santé publique, limiter l’exposition d’un chien infecté à des zones à phlébotomes actifs (pour éviter qu’il serve de réservoir) reste une bonne pratique. Discutez-en avec votre vétérinaire.
Oui. L’allopurinol réduit le métabolisme des purines, ce qui peut entraîner une accumulation de xanthine dans les urines (xanthinurie), pouvant favoriser la formation de calculs. Il est recommandé de choisir une alimentation pauvre en purines (viandes blanches de préférence, éviter les abats et les légumineuses riches en purines) et de surveiller régulièrement les paramètres urinaires.
Références -Sources
Références scientifiques et sources
- Solano-Gallego L. et al. (2011, mis à jour 2022). LeishVet guidelines for the practical management of canine leishmaniosis. Parasites & Vectors, 4:86. — Référence internationale pour la classification en stades et les protocoles thérapeutiques.
- Miró G. et al. (2008). Canine leishmaniosis — new concepts and insights on an expanding zoonosis: part one. Trends in Parasitology, 24(7): 324-330.
- ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). Fiche de danger biologique : Leishmania infantum. Disponible sur : www.anses.fr
- Oliva G. et al. (2010). Incidence and time course of Leishmania infantum infections examined by parasitological, serologic, and nested-PCR techniques in a cohort of naive dogs exposed to three consecutive transmission seasons. Journal of Clinical Microbiology, 44(4): 1318-1322.
- Pennisi M.G. (2015). Leishmaniosis of the cat: up-date and perfect storm. Journal of Feline Medicine and Surgery, 17(8): 641-648.
- Ficha technique CaniLeish® — Virbac, résumé des caractéristiques du produit (RCP). EMA/CVMP.
- Ficha technique Letifend® — Leti Pharma, résumé des caractéristiques du produit (RCP). EMA/CVMP.
- WHO (World Health Organization) — Leishmaniasis. Fact sheet. 2023. www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/leishmaniasi
Par le Dr Patrick Deltour, Docteur vétérinaire diplômé de l’École Nationale Vétérinaire de Liège, 35 ans d’expérience en clientèle mixte et canine.
Dernière révision médicale : avril 2026.





Je connais 2 chiens atteints de cette saleté de leishmaniose, dont l’un diagnostiqué tardivement, qui répondent bien au traitement : injection quotidienne de GLUCANTIME (1 mois environ) puis comprimés. Pour l’un des chiens, traité depuis 2 ans. il s’agit de Allopurinol 300 mg 1/2 comprimé matin, 1 comprimé soir, donc 450 mg jour.
Et bien sûr ça ne dispense pas de porter un collier Scalibor car ils peuvent tjs être piqués à nouveau par un phlébotome !!
je précise que j’habite dans le sud de la France ou le leishmania fait des ravages ..
Le vaccin contre la leishmaniose est à présent disponible chez les vétérinaires, mais j’aimerai avoir votre avis sur l’efficacité comparé à l’efficacité des produits scalibor et advantix que j’utilise pour mon chien car le coût du vaccin est élevé et il est conseillé de mettre tout de même les produits par protection aux chiens vaccinés.
Merci pour votre réponse
Bonjour Hélène,
Comme tous les vaccins, celui contre la leishmaniose ne produit pas une garantie d’immunité à 100% ! Nous avons encore peu de recul sur ce produit, mais les premiers résultats sont encourageants …. Je comprends que ce soit un sacrifice financier mais dans les régions à risque , je conseille vivement de la pratiquer car cela apporte une mesure de prévention supplémentaire face à cette redoutable maladie . Alors oui , c’est vrai que l’on conseille de mettre en plus Scalibor et Advantix pour justement palier ce “doute” sur la protection 100% de la vaccination ! … En clair , pour les propriétaires qui vivent dans les régions à risque , je conseille cette vaccination car cela a apporté une protection en plus et à ma connaissance , je n’ai pas encore vu ni lu un cas de leishmaniose sur un chien vacciné ! …Bien à vous .. Patrick
Mon chien à eu une démodécie et il est fragile au niveau de son système himunitaire j’habite dans le sud et le vaccin était assez récent je me demande s’il comporte un risque pour mon animal et quels sont les effets secondaires ?
cordialement