chat MICI

Lili asked 3 semaines ago
Bonjour,Je me permets de vous écrire afin d’obtenir des conseils concernant ma chatte de 11 ans.En septembre 2025, elle a commencé à présenter du sang dans les selles ainsi qu’une baisse notable de l’appétit. Nous avons consulté un vétérinaire et, après discussion, nous avons réalisé des tests pour la giardiose, car nous venions d’adopter deux chatons issus d’une association, avec une suspicion de giardiose.Le test s’est révélé positif et un traitement antiparasitaire a été mis en place.Cependant, quelques jours plus tard, son état s’est fortement dégradé : elle ne s’alimentait plus du tout, ne buvait plus et ne bougeait quasiment plus. Nous sommes retournés chez le vétérinaire pour une échographie, qui a montré une inflammation de l’ensemble du système digestif ainsi qu’un grossissement des ganglions. Un cancer a alors été suspecté, et une biopsie avec plusieurs prélèvements a été réalisée. Les résultats ont finalement écarté cette hypothèse.Malgré cela, notre chatte a continué à refuser de s’alimenter. Une sonde œsophagienne a donc dû être posée afin de pouvoir la nourrir nous-mêmes. La prise de sang a montré que tous ses paramètres étaient bons, à l’exception d’une carence très importante en vitamine B12.Elle a été supplémentée pendant un mois et demi.Par la suite, elle est passée à des croquettes gastro-intestinales et a reçu un traitement à base de cortisone pendant trois semaines, avec une diminution progressive des doses. Lors de l’échographie de contrôle, il a été constaté que l’intestin grêle s’était désenflammé sur les portions 1 et 3, mais restait inflammé sur la portion 2. De plus, les ganglions avaient doublé de volume.Le traitement a alors été ajusté : deux comprimés de cortisone par jour, un immunomodulateur et un passage à des croquettes hypoallergéniques. Le vétérinaire a également observé un grossissement de la vésicule biliaire et suspecte une infection bactérienne, d’autant plus qu’elle vomissait fréquemment de la bile.Au départ, elle acceptait bien les nouvelles croquettes, mais aujourd’hui elle n’en veut plus du tout.Nous ne savons plus comment stabiliser son appétit. Elle perd beaucoup de poids et, avec l’ensemble de ses médicaments, il est nécessaire de protéger son estomac. Nous consultons le vétérinaire chaque semaine, car elle présente soit des vomissements, soit un refus de s’alimenter, soit des diarrhées sanglantes.Nous nous sentons complètement démunis face à la multiplication des examens, des traitements et à l’absence d’amélioration de son état. Nous ne savons plus comment l’aider à manger. Faut-il envisager des rations ménagères ? Que pouvons-nous faire pour aider son organisme à aller mieux ?Je vous remercie par avance pour votre retour et vos conseils.Cordialement,
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1 Réponses
Dr Patrick personnel answered 3 semaines ago
Bonjour,J'ai bien lu votre message , j'ai noté les consultations régulières, échographies, biopsies, prise en charge nutritionnelle, et votre inquiétude est totalement compréhensible. Chez le chat, le point le plus urgent à court terme n’est souvent pas “le diagnostic parfait”, mais le fait qu’il ne mange plus, car un chat qui s’alimente mal se dégrade vite (amaigrissement, déshydratation, risque de lipidose hépatique).Voici les axes les plus importants à discuter avec votre vétérinaire (ce sont juste des conseils ) :1) Priorité : assurer l’apport alimentaireSi l’appétit est très instable, la sonde (comme vous l’avez déjà fait) est parfois la meilleure solution temporaire pour passer un cap et éviter que l’organisme “décroche”. L’objectif est d’apporter des calories régulièrement, même si elle ne mange pas spontanément. La sonde peut elle encore être envisagée?2) Un chat ne remange pas si nausées et douleur ne sont pas contrôléesLe vomissement de bile + refus d’aliment évoquent très souvent une nausée persistante. Dans ces cas, on a souvent besoin d’un vrai traitement anti-émetique (ex. maropitant) et/ou un traitement anti-nauséeux type ondansétron, parfois en association selon le cas. Sinon les stimulants d’appétit et les changements de croquettes ne suffisent pas.3) Stimulant d’appétit : utile, mais au bon momentLes stimulants peuvent aider, mais ils marchent nettement mieux quand les nausées/douleurs sont déjà bien contrôlées. C’est un point à revoir avec le vétérinaire si ce n’est pas déjà fait. Comme stimulant de l'appétit il y a le Mirtazapine (souvent en petite dose, parfois en pommade transdermique ) ou la Capromoréline.4) Alimentation : viser “ce qu’elle accepte”, puis optimiserOui, une ration ménagère peut être envisagée, mais dans ce contexte il vaut mieux se faire encadrer (ration équilibrée) ou utiliser, au moins en transition, des aliments très digestibles et très appétents (pâtées gastro-intestinales/convalescence, texture mousse, aliments tiédis). Évitez de vous installer sur des “recettes internet” déséquilibrées (poulet/riz, thon, jambon, etc.), qui peuvent dépanner 24–48 h mais compliquent ensuite la situation.5) Ne pas oublier le “fil rouge” médicalUne giardiose peut déclencher ou aggraver des troubles digestifs, mais si l’inflammation persiste et que les ganglions augmentent, il faut continuer à avancer méthodiquement avec le vétérinaire (être sûr de l’élimination de Giardia + gestion des chatons/environnement, suivi de la vitamine B12 parfois au long cours, et bilan digestif/biliaire/pancréatique selon les examens déjà réalisés).Enfin, consultez sans attendre si elle ne mange plus du tout depuis 24 h, si les vomissements sont répétés, si elle est très abattue/déshydratée, ou si les selles sont très hémorragiques.Courage à vous . L’objectif est souvent de stabiliser d’abord “confort + nausées + calories”, puis d’ajuster le traitement de fond une fois qu’elle remange et reprend des forces.Bien à vousDr Patrick