Chat qui ne boit plus

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Gaudin asked 6 mois ago
bonjourdepuis fin juin mon chat ne veut plus boire d'eau et mange très peu de croquettes. je l'ai emmené rapidement chez le vétérinaire où elle a subit une radio abdominale et une prise de sang. a l'imagerie il y aurait une inflammation du duodénum mais je ne suis pas certaine, en tout cas il m'annonce que c'est gastrique, prise de sang un type de protéines un peu élevé mais rien qui soit inquiétant de leur pdv.Elle a eu plusieurs injections, des antibiotiques mais si elle ne dépérit pas c'est que je force la prise d'alimentation liquide/humide. Elle a eu d'autres injections et l'amélioration c'est que c'est elle qui demande la nourriture mais elle mange que la gelée. J'ai été plusieurs fois chez le vétérinaire mais j'ai l'impression que mon anxiété naturelle empeche de me prendre au sérieux alors que le comportement de mon chat est tres différent au dela de la nourriture.C'est vrai que malgré la baisse d'alimentation elle ne dépérit pas , et la suspension d'odeme de ma part a été mal reçue. Elle mache beaucoup dans le vide. On me dit que je donne des éléments contradictoires , qu'elle 'e pourrait pas etre dans cet état ect mais elle ne va a la selle que tous les trois jours par exemple, est devenue apathique, beaucoup moins vocale . Elle est actuellement sous cortisone .
1 Réponses
Dr Patrick personnel answered 2 mois ago
Bonjour,

Vos préoccupations sont tout à fait légitimes et méritent d'être prises au sérieux. Le tableau clinique que vous décrivez - anorexie persistante depuis 4-5 mois, mâchements dans le vide, changements comportementaux marqués (apathie, moins vocale), constipation et absence d'amélioration malgré les traitements - justifie une investigation diagnostique plus approfondie.​

Les mâchements dans le vide : un signe important

Les mâchements dans le vide chez un chat sont rarement anodins et peuvent indiquer des nausées ou des troubles digestifs comme un reflux gastrique. Ce comportement, combiné à l'anorexie chronique et aux autres symptômes, suggère une pathologie digestive qui n'a pas encore été clairement identifiée.​

Diagnostic différentiel incomplet

Avec une inflammation duodénale visible à l'imagerie et une réponse insuffisante aux traitements, plusieurs pathologies importantes doivent être considérées dans le diagnostic différentiel:​

  • MICI (Maladies Inflammatoires Chroniques de l'Intestin): troubles digestifs de plus de 3 semaines avec infiltration de la paroi intestinale par des globules blancs​

  • Lymphome intestinal de bas grade: cancer digestif très difficile à différencier des MICI, surtout chez les chats âgés (10-13 ans en moyenne)​

  • Pancréatite chronique: souvent associée aux MICI et au lymphome digestif, nécessite un dosage spécifique (fPLI)​

La grande difficulté diagnostique réside dans le fait que les MICI et le lymphome de bas grade peuvent être indistinguables cliniquement et même à l'échographie.​

Examens complémentaires nécessaires

Pour obtenir un diagnostic de certitude, des examens plus poussés sont indispensables:​

  • Biopsies intestinales: seul examen permettant de différencier MICI et lymphome. Les biopsies peuvent être réalisées par endoscopie ou par laparotomie exploratrice (cette dernière étant souvent plus précise)​

  • Dosage de la vitamine B12 et des folates: souvent diminués dans les maladies intestinales chroniques​

  • Test fPLI (lipase pancréatique féline): pour écarter une pancréatite concomitante​

  • Immunohistochimie: si les biopsies sont ambiguës, pour typer les populations lymphocytaires​

Limitation de la cortisone seule

La cortisone est effectivement utilisée pour traiter les MICI, mais son utilisation sans diagnostic de certitude présente des limites. Si votre chat ne montre pas d'amélioration significative sous cortisone après plusieurs semaines, cela renforce la nécessité d'établir un diagnostic histologique précis.​

Recommandation forte : second avis

Je vous recommande vivement de consulter un vétérinaire spécialisé en gastro-entérologie ou de demander un second avis dans une clinique de référence. Un spécialiste aura l'expertise et l'équipement nécessaires (endoscopie, échographie de haute qualité) pour approfondir le diagnostic. Votre instinct de propriétaire qui connaît intimement son animal est précieux - les changements comportementaux subtils que vous observez sont souvent les premiers signes d'aggravation.​

Le fait que votre chat maintienne son poids uniquement grâce à l'alimentation assistée depuis plusieurs mois n'est pas normal et mérite une investigation complète. Un diagnostic précis permettra d'adapter le traitement de manière ciblée et d'améliorer significativement la qualité de vie de votre chat.​ bien à vous